06 décembre 2008
Demain c'est Noël !
Je vous prie de m'excuser de ce manque de présence ici...
Je suis en pleines révisions pour mes évaluations d'orthopédie-rhumatologie, et ce n'est vraiment pas ma tasse de thé ! (même si mes souvenirs -lointains !- de P1 m'aident beaucoup !)
Et c'est sans compter la multitude de choses qui se passent dans ma tête, dans ma vie. Noël arrive et avec lui les bons moments au coin de la cheminée, à manger les marrons grillés traditionnels.
Pleins de projets pour mes cadeaux faits-maison, et pas le temps d'y penser autant que je voudrais.
Ma vie reprend des accents de normalité, même si elle s'efforce aussi à ma rappeler par où je suis passée il n'y a pas si longtemps...
J'ai mis quelque temps à le comprendre, mais maintenant j'en suis consciente : la maladie fait à présent partie de moi, et je ne peux pas faire comme si de rien était. C'est un fait. Bien ou mal, je n'en sais encore trop rien.
Aucun signe de vie de mon indécis depuis ma fête d'anniversaire où il n'est pas venu. Il ne répond plus aux messages, ni à rien du tout. Et moi je ne comprends pas... Comment peut-on être si proche de quelqu'un à un moment donné, et à des millions d'années lumière quelques mois plus tard ? Y avait-il quelque chose en moi alors que j'étais malade que j'aurais perdu maintenant ? l'attrait de la souffrance ? La peur de mon incompréhension de sa souffrance à lui maintenant que la mienne est plus ou moins résolue ?
Et cette chanson qui me fait tellement penser à lui... Juste un baiser pour Noël, ce n'est pas grand chose.
18:00 Publié dans Le tourbillon de la vie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14 novembre 2008
Soignant soigné
Quel statut a-t-on lorsqu'on est "patient" à l'hopital ? Quand notre univers, pour un temps déterminé, tourne autour d'une chambre qui n'est pas la notre, du personnel qui nous soulage, du médecin qui nous soigne ? Quand on entre dans le quotidien de cette fourmilière ?
C'est tellement différent de tout ce qu'on a pu connaitre et, même, imaginer !!
On se raccroche aux visages que l'on croise, ils nous apaisent, ils nous rassurent, ils nous soulagent... Mais en sont-ils seulement conscients ?
Il y a des visages que l'on n'oublie pas et que l'on n'oubliera jamais, ancrés dans notre esprit. Des noms que l'on a en tête, qui nous font sursauter quand on les entend "et si c'était eux...?"
Mais ces visages-là ne se souviennent pas forcément du nôtre... Comment savoir ce qu'ils ont retenu de nous ? qu'ont-ils gardé de nous par rapport à ce qu'on a gardé d'eux ? Quand nos souvenirs sont si limpides et que nous reviennent les paroles, mot pour mot, les gestes que l'on imaginait personnalisés, qu'en est-il des leurs ?
Comment voyaient-ils la situation de leur côté ? que disaient-ils de nous à leurs collègues du poste suivant ? Parlaient-ils de nous chez eux ? (anonymement, évidemment !!) Pensaient-ils à nous une fois la blouse reposée ?
Et moi "mes" patients, comment est-ce que je pense à eux ? Comment est-ce que je les considère ? est-ce que je me mets à leur place ?
Un peu trop peut-être... et les larmes remontent facilement lorsque les souvenirs m'assaillent, invités par leur douleur, leurs angoisses, leur oxygène, leur petite installation dans la chambre... "moi aussi je voulais ma montre sur l'adaptable..."
Et "mes" patients, se souviennent-ils de mon nom comme je me souviens du leur ? Me trouvent-ils rassurante ? apaisante ? douce et calme ? ou alors incompétente et inutile, statut de stagiaire première année oblige ?
Est-ce que j'égaye un peu leur journée comme on a si souvent égayé la mienne ?
11:23 Publié dans Je me souviens, je me rappelle, Le tourbillon de la vie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : angoisse & cie, bataille, ifsi
21 octobre 2008
Thérapie de gouffre
C'est compliqué de trouver sa place dans une psychothérapie...
On se confie à quelqu'un qui n'est là pour nous que lors des heures de rendez-vous. Et lorsqu'on aurait envie de lui parler, de le questionner, d'avoir son avis ou ses conseils sur tel ou tel événement, en dehors des heures de consultations, et bien c'est impossible. On se retrouve seul avec ses problèmes et ses frustrations. Et à la séance suivant, en général, on ne lui en veut même pas d'avoir été absent lorsqu'on en avait besoin, tellement content de le revoir !
La frustration de l'absence du thérapeute alterne avec la fierté de nous avoir accorder du tempe et de l'attention (en contre-partie financière, tout de même...) l'espace d'un instant. Et au final la frustration de ne pas avoir le temps de tout dire, lors du temps accordé par la séance. Le fait d'être orienté par ses questions et de ne pas dire l'essentiel.
Une psychothérapie devrait être une prise en charge au jour le jour, à chaque instant. Pour orienter nos réflexions au moment-même où nous en avons besoin. Pour coçnfier nos craintes, peurs, émotions, de manière instantanée, sans avoir à les ruminer jusqu'à la prochaine séance...
J'aime ces séances, j'aime beaucoup ma psy et pourtant j'ai l'impression que ce n'est pas complètement satisfaisant pour moi. J'en voudrais plus.
Mais comment serait-ce possible ?
Où est mon Jiminy Cricket ?
6 mois de thérapie, et pas encore parlé de mon abonné absent qui me manque, pas résolu cette rancoeur envers mon frère... et pas encore du besoin de lui parler en dehors des séances.
Je suis retombée malade (rien de grave, juste un bon gros zona intercostal très douloureux) je ne peux plus bouger au niveau du thorax, je suis fatiguée, je ne fais rien de mes journées parce qu'on m'interdit d'aller en cours...
Comment ne pas me souvenir des mêmes sensations, apparues il y a pile un an, pour quelque chose qui aurait pu me couter la vie ?
Comment réagir à ça autrement que mal ?
J'aurais aimé lui en parler maintenant. Qu'elle me rassure, qu'elle me parle.
Je devrais attendre une semaine.
Je devrais attendre que ça ne me pose plus problème pour le résoudre...
18:03 Publié dans Au prix où sont les courges... | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : angoisses et cie
13 octobre 2008
Je cherche encore
Un week end pour me réapproprier mon lieu de vie, ma chambre et aussi les pièces communes, ma petite colocation.
Rattraper (un peu !) le temps que mes colocataires ont passé sans moi.
Redécouvrir les recoins, la lumière aux différents moments de la journée, le bruit du marché le dimanche, les horaires des trains qui passent tout près...
Retrouver une vie de jeune femme de 21 ans comme elle aurait dû être, sans interruption... sortir, rencontrer du monde, voir des gens, aller à des concerts... ou tout simplement me balader dans la ville, sous un grand soleil...
Quel bonheur de retrouver Debout sur le Zinc dans la nouvelle salle de concert !! et quelle impatience vis-à-vis de leur nouvel album maintenant que j'ai entre-aperçu les nouvelles chansons !!
Me remettre au dessin, aux croquis, et ce n'est pas si mal ! écrire, chanter...
Repenser à ces deux musiciens qui cherchent une chanteuse... et finalement, pourquoi pas ?
Relire un peu mes cours de psychiatrie, parce qu'il le faut bien. Et puis m'arrêter à un seul... on verra après. Je profite de ma solitude...
Essayer d'oublier un peu mon indécis-arlésienne, celui qui ne vient pas, celui qui clôt le débat... celui qui hante mes pensées !! celui qui me fait enrager par sa distance, celui qui me laisse dans mon coin... Essayer de résister à l'envie de l'appeler, de lui envoyer simplement un tout petit mail de rien du tout... Mais non, savoir être ferme sur ses appuis.
Jusqu'au jour où... mais pour l'instant je ne flanche pas !
Et hier soir, cet appel d'une bénévole de mon association que je ne connaissais pas, avec qui je vais peut être intervenir à présent, qui me dit "tu es la Justine du centre de cancérologie ?" heu oui... "j'étais externe là-bas en janvier, je me suis occupée de toi, mais avec calot, masque et surblouse... quand j'ai vu ton nom dans le listing, j'ai espéré très fort que ce soit toi, que tu ailles bien ! je suis très contente !"
Et moi toute surprise qu'elle se souvienne de moi, qu'elle ait repéré mon nom dans une liste 9 mois après m'avoir eu comme patiente...
Parfois, ça fait du bien de savoir qu'on laisse quelques traces dans les esprits...
11:37 Publié dans Au prix où sont les courges... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : résolutions
29 septembre 2008
Coeur de cible
Alors ça y est, c'est le grand jour !
je reprends mon envol étudiant et je recommence une vraie vie.
Les choses prennent forme peu à peu au niveau de la ligne d'horizon... je ne dis pas que je vois loin, mais je distingue des choses, ce n'est déjà pas si mal !
Après un mois de septembre riche en émotions et en rebondissements, j'ai pu voir mon petit loup entrer à la crèche sous l'oeil attentif de sa tata "quelle ressemblance !" et son petit bras paralysé s'agiter avec vigueur, les gens se déchirer à l'endroit même où il ne devrait y avoir que de l'amour et de l'affection, les gens que j'aime réunis en un même lieu pour fêter mon anniversaire et la fin de l'année sombre, pleins de belles surprises, une "petite fugue" avec mon grand loulou, un Jean que j'aime qui n'est pas venu fêter mon anniversaire pour une raison étrange, et le message d'excuse qui voulait dire "ciao et bon vent, on ne se reverra pas de si tôt"...
Aussi étrange que ça puisse paraître, ça a été comme un bris de verre, ça surprend, ça fait peur, c'est un peu dangereux mais on n'a plus qu'à jeter à la poubelle pour en prendre un autre. J'aurais aimé qu'il m'appelle pour entendre sa voix, plutôt que ce message touchant mais vide de sens et avec pourtant tellement sous-entendus et d'interprétations... Je ne sais plus rien de lui, et il ne sais probablement rien de moi. Je suis sans doute à ses yeux bien trop ingénue et distante pour qu'il m'accorde de l'importance. Alors je vais laisser courir...
S'il veut me voir, je serais la plus heureuse du monde, mais je ne ferais plus de pas vers lui. C'est décidé. Je dois passer à autre chose...
Moi je reprends un départ, je repars à zéro et je me retrouve dans la jungle sociale de l'école. Au contact de gens tellement différents les uns des autres. Envie de leur parler car je sais qu'on pourrait s'entendre, et puis pas assez de choses à dire. Et ceux qui me font dire "mais où suis-je tombée ? je n'ai rien à voir avec ces gens..." Apprendre à choisir, à me trouver au bon moment, au bon endroit et avec les bonnes personnes, celles qui m'apporteront autant de petites choses que j'en ai besoin. Trouver des points communs.
Aller me coucher calmement pour affronter un nouveau réveil tôtô le matin, pour ne pas être trop cernée demain matin pour papoter avec mes nouveaux camarades...
Il parait que les gens fonctionnent comme ça. Je demande à voir...
22:47 Publié dans Le tourbillon de la vie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ifsi
20 septembre 2008
Il n'y a pas de petit profit
Chaque fois que ma vie commence à reprendre le dessus, il y a toujours un petit microbe qui traine, juste là où je suis, et qui me choisi, moi, comme cible privilégiée !
Alors, évidemment, je ne suis pas la seule à être clouée au lit avec 39 de fièvre avec une bronchite doublée d'un gros rhume, mais disons que je cumule un peu... Il y a une semaine c'était une gastro-entérite, il y a 3 semaines c'était un rhume, il y a 1 mois c'était une trachéite...
Alors je dors, je lis, je mange... je reste au chaud !
j'ai passé le week end dernier avec mes deux terribles neveux avec qui ça s'est très bien passé, même lors de la fête de l'huma où ils ont dansé au son des Babyshambles ! On s'est retrouvés tous les 3 alors que ma maladie avait mis une certaine distance "de sécurité" entre nous sous contexte de fragilité immunitaire... Mais eux n'ont pas très bien compris je crois, malgré nos explications. Pour eux "cancer" n'a pas plus de poids que "angine" ou "varicelle". Au point qu'à l'école ils ne veuillent plus approcher les enfants malades sans masque non par peur d'être contaminés mais "il faut pas qu'on leur donne nos microbes parce que ça pourrait les rendre encore plus malades." Alors maintenant que c'est moins grave pour moi, j'en profite, je les caline, je les chouchoute, je les embrasse et eux n'ont plus d'hésitations : ils viennent se lover sur mes genoux, me faire des bisous, des calins... et "m'aiment beaucoup" même quand je les gronde !! (parce que quand même des fois c'est nécessaire !)
Sans compter la maladie, un autre événement nous avait un peu séparé, c'était la naissance de leur petit cousin... l'attention était davantage tourné sur lui que sur eux, d'autant plus que le petit loulou a eu des soucis, donc ses progrès a lui sont "attendus" et "fantastiques" alors que ceux des 2 autres sont "normaux"...
Alors cette fois, c'était bien, et ils étaient enchantés que je vienne uniquement pour eux, pour les garder, pour passer du temps avec eux. Et leur fierté quand je suis allée les chercher à l'école, c'était chouette ! Et ça valait bien une bronchite !
12:14 Publié dans Le tourbillon de la vie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : +
06 septembre 2008
Bagage à main
Un vide d'un an...
Sur mon CV comme dans ma tête. Et je le trainerai toute ma vie. Même si le lymphome restera un gros baluchon de mauvais souvenirs il sera toujours coincé quelque part entre mes seins, et j'aurais toujours à le porter. Ancré dans ma peau et insinué dans mon caractère. Ce long filet rouge au début, argenté maintenant qui dépasse du col de mes t-shirts, qui attire l'oeil inconnu.
Quand je relis ce que j'écrivais ici il y a pile un an, je me dis que finalement c'était un vide particulier. Un vide plein de doute, plein d'attente qui n'en finissaient pas, un vide plein de larmes et de surprises, bonnes ou mauvaises, plein de réflexions. Je crois que maintenant je sais qui je suis et ce que je veux, du moins à peu près. Même si le doute persiste sur mon avenir professionnel...
Peut-être que ce vide était bénéfique sur ce point. Peut-être que j'ai endurci mon caractère suffisamment pour supporter une vie plus intense qu'elle ne l'a jamais été... que j'ai muri suffisamment pour devenir une bonne soignante... ou peut-être pas !
Alors je repars à zéro une nouvelle fois. Je revis ce que j'ai déjà vécu l'année dernière dans des conditions difficiles, avec cette sensation de « déjà vu » qui n'a abouti à rien la première fois et dont "l'après" est dans le flou le plus total...
Je reprends les cours dans 3 petites semaines, et j'ai une appréhension bizarre dans le ventre...
Serais-je à la hauteur ? Suis-je assez en forme pour reprendre ? Et si je refais des épisodes de malaises comme hier dans la salle d'attente après le scanner ? Comment vais-je arriver à cacher cette année de tourments ? Devrais-je m'expliquer sans cesse sur mon passé, sur le pourquoi de mes horaires et lieux de stage aménagés ? Comment vont réagir les autres ?
Et me revient en tête cette femme dont la petite fille était entre la vie et la mort, terrorisée, me touchant le bras en me disant « vous pouvez comprendre, j'ai vu votre cicatrice et je crois que vous avez vous aussi vécu des moments difficiles... »
Est-ce un bien ou un mal ?
18:41 Publié dans Le tourbillon de la vie | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : angoisse & cie, bataille
21 août 2008
Ras les paquerettes
Quand je regarde avec un minimum de lucidité ma vie telle qu'elle a été et telle qu'elle est maintenant, je me dis que finalement, rien n'arrive par hasard... Je suis seule et je m'en étonne. Pourtant c'est tellement bête ! Je rêve de parfaites situations de film... parce que j'ai toujours cru que les choses se passaient comme dans les films...
Mais non, mesdames et messieurs, mademoiselle a compris (enfin !) que le prince charmant n'existait pas ! Qu'il ne viendrait par conséquent pas l'aborder au hasard dans la rue, ou dans un bar (puisque de toute façon mademoiselle va rarement dans les bars), qu'ils n'auraient pas de coup de foudre, que l'homme qu'elle aime en secret n'est pas en secret amoureux d'elle, qu'il ne viendra pas non plus sonner chez elle pour lui dire une banalité puis finalement restera diner et passera la nuit (de toute façon il ne sait pas où elle habite, et elle est en colocation...), qu'elle non plus n'osera jamais sonner chez lui en pleurs et qu'il ne la consolera pas d'un baiser. Que ce beau musicien avec qui elle a plaisanté n'écrira pas une chanson sur elle qu'elle entendra à la radio (parce que de toute façon il n'était pas connu, et qu'il ne se souvient même plus d'elle), que pendant le concert, ce n'était pas elle non plus qu'il regardait, mais la lumière du panneau « sortie de secours » juste derrière elle. Qu'elle n'arrivera pas à séduire quelqu'un par ses remarques humoristiques et ses jeux de mots pourris, tout simplement parce qu'elle n'est pas Bridget Jones, et qu'en plus ce n'est pas si drole que ça ce qu'elle dit, et qu'elle n'arrive jamais à trouver une bonne répartie quand il le faudrait. Et que même si elle est une grande fille maintenant, elle ne noie pas son chagrin dans l'alcool, n'allume pas non plus de cigarette quand ça va mal parce qu'elle n'a plus qu'un seul poumon fonctionnel... Et même si parfois mademoiselle chante le blues à tue-tête dans sa voiture ou dans sa cuisine, personne ne la surprendra jamais parce qu'elle en a trop honte, et que personne ne trouverait ça "mignon". Et que mademoiselle, elle est encore en pyjama, et qu'elle aime faire de la broderie alors que c'est naze. Et que son prince charmant à elle il est en sevrage alcoolique, il a dix ans de plus et quand ils ont une conversation complètement surnaturelle où chacun rebondi sur ce que dit l'autre et se rend compte qu'ils connaissent et aiment les mêmes choses, et bien lui ne trouve même pas ça incroyable... alors que tout le monde dit « c'est dingue, vous avez énormément de points communs ! » n'est-ce pas ? Mais à quoi ça sert ? Et cette lettre elle ne la lui a pas écrite parce qu'il n'aurait pas sauté dans sa voiture pour venir la prendre dans ses bras en la lisant, parce qu'on n'est pas dans un film, et qu'elle ne lui aurait pas écrit de choses assez profondes. Et qu'il se serait plutôt dit « bin merde » et que ça, ça sonne pas très bien dans la mélodie du bonheur...
16:47 Publié dans Au prix où sont les courges... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : artichaud
12 août 2008
Ecrits durs
Ecrire. Epancher mon trop plein émotionnel. Mais écrire dans le vide c'est bien joli, mais ça ne soulage qu'un court instant. Parfois on a besoin de dire aux gens ce qu'on a sur le coeur les concernant. Pour avancer. Pour arrêter de broyer du noir, seule dans ma chambre. Pour partager, pour parler. Ecrire à quelqu'un en particulier ou écrire à tous ceux qui veullent bien lire. Ecrire à mon frère ou évacuer mon ressenti, mes rancoeurs et mes attentes. Pour qu'il puisse se racheter. Si je ne lui écris pas tout ça, il n'a pas la possibilité de se racheter, il restera emmuré dans les non-dits construits autour, comme un barrage. Ecrire à mon indécis les choses qui me pèsent sur le coeur aussi, le remercier d'avoir été là, même s'il ne le sera plus comme je le voudrais, laisser ça dans sa boite aux lettres et qu'il le lise au retour de son voyage que j'aurais aimé faire avec lui. Ecrire ces mauvais souvenirs qui refont surface lorsque je ne les attends pas, petit à petit en avoir suffisamment pour faire quelque chose, les articuler entre eux. Pourquoi pas, y ajouter une touche romanesque ? Une invention ? On verra. Ecrire ce livre pour enfant qui me trotte dans la tête.
Refermer cet agenda de cette année à bannir, ce vide-tête, ce pense-bête, ce souffre-douleur. Passer à un autre agenda, plus petit, juste de quoi noter les rendez-vous, les horaires des cours. Ne plus écrire ces petites choses insignifiantes de la journée. Ces phrases restées en tête, ces rencontres fortuites. Vivre ma vie, et ne plus seulement l'écrire.
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30 juillet 2008
Plu(s)vieux
Comment une journée attendue avec tant d'impatience depuis plusieurs semaine peut tomber à l'eau en deux coups de fils ?
D'abord mon indécis, qui s'était finalement décidé pour le spectacle du poète italien, qui ne peut plus venir à cause de la grève de la Lufthansa (comme ça on ne voit pas bien le rapport, mais en fait il y en a un !)
Puis mon après-midi avec mes neveux qui s'annule par un "bon bin je passe te chercher à 18h. Tu pourras te reposer comme ça, de toute façon tu ne voulais pas voir les enfants ?" heu en fait si, mais bon là du coup ça fait un peu juste jusqu'à 18h effectivement...
Donc je me retrouve toute seule chez moi, fatiguée, triste, et dans la noir car l'orage n'est pas loin.
Je vais donc repenser à mon séjour à Londres qui a été terni par la mauvaise humeur inexplicable (et inexpliquée) de mon frère, des rancoeurs qui ont refait surface et des non-dits qui se sont imposés. Malgré tout c'était bien. Il n'a pas réussi à gacher ça, et pourtant il a mis du coeur à l'ouvrage pour ainsi dire !
Le retour à la vraie vie est toujours un peu brutal après des vacances...
16:00 Publié dans Le tourbillon de la vie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : -
20 juillet 2008
Y'a de la vie
Les Petites Bourrettes (Bam Bam)
Je suis arrivé par hasard
Et pas né dans un nénuphar
Y a des questions, qui tournent en rond
Comment ça marche, un pauvre con?
Je suis la langue et puis les nerfs
Je suis les muscles et puis la chair
J'suis un p'tit rien sur la terre
J'suis un numéro d'cimetière
J'y vois des serpents à plumes
Enlacer dans toutes les coutumes
Moi j'y vois rien, c'est trop petit
Et on me dit, et on me dit
Qu'y'a d'la vie encore
Y'a d'la vie encore
Y'a d'la vie encore
Y'a d'la vie encore
Je suis fragile, sans garantie
Pièce et main d'oeuvre, pas compris
Y'a des questions, qui tournent en rond
Comment ça s'répare un pauvre con
Je suis organes et matière
Des molécules misent à l'envers
Un ridicule morceau de terre
Un p'tit rien dans l'univers
On a pas encore le mode d'emploi
Mais faut pas faire ça et ça
Et puis y'a des trucs en tout p'tit
Moi j'crois bien qu'il est écrit
Qu'y'a d'la vie encore
Y'a d'la vie encore
Y'a d'la vie encore
Y'a d'la vie encore
Je suis la langue et puis les nerfs
Je suis les muscles et puis la chair
J'suis un p'tit rien sur la terre
J'suis un numéro d'cimetière
Je suis organes et matière
Des molécules misent à l'envers
Un ridicule morceau de terre
Un p'tit rien dans l'univers
Mais y'a d'la vie encore
Mais y'a d'la vie encore
17:35 Publié dans L'heureux mix | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : les petites bourrettes
15 juillet 2008
Sers-moi une mélodie
Comme à son habitude, après un pas en avant, mon indécis ne donne plus signe de vie...
nous devions fixer une date pour notre super spectacle et... ben toujours pas !
Oui, il est occupé avec son appart.
Oui, il ne passe pas ses journées à ne rien faire comme moi.
Mais tout de même !
Et puis j'en ai marre de le harceler par téléphone ou sms ou mail, alors j'aimerai bien que cette fois ce soit un peu lui !! qu'il me témoigne juste un tout petit peu d'intéret...
Mais du coup, je me pose pas mal de questions : est-ce qu'il regrette de m'avoir proposer d'y aller ? et s'il regrette, est-ce parce qu'il ne veut pas que je me fasse de fausses illusions (trop tard !) ou au contraire est-ce qu'il ne veut pas passer pour le gars qui fait des avances à une fille plus jeune que lui ?
Enfin rien n'est simple je crois, ni pour lui, ni pour moi...
Mais peut-être que tous les deux ensemble et sans ambiguité ce serait moins compliqué ?
11:11 Publié dans Au prix où sont les courges... | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
10 juillet 2008
Petit à petit
Beaucoup de temps à rattraper...
un grand week end en région parisienne pour cajoler/bisouiller/papouiller/caliner mon petit Lulu qui a 6 mois maintenant, lui chanter des chansons toujours (cette fois c'était le marin d'eau douce de debout sur le zinc qui l'a beaucoup fait rire !), participer à sa vie qui commence à devenir un peu compliquée par un petit handicap invisible jusqu'alors et non identifié pour l'instant. Alors au programme séances de kiné 2 à 3 fois par semaine, et ça c'est très dur... lorsqu'il nous regarde avec ses petits yeux larmoyant qui nous crient "prends-moi dans tes bras, ne me laisse pas là avec ce bonhomme qui m'embête !"
Car oui, il l'embête, pour son bien, certes, mais je ne m'étais pas douté jusqu'à présent à quel point le travail rééducatif sur un bébé pouvait être lié à l'affectif... le seul moyen de pression que l'on peut avoir "la carotte" c'est la tétine, ou le doudou... quelque chose qui réconforte, qui calme. Mais là, s'il veut un peu de réconfort, il faut qu'il fasse l'exercice difficile qu'on attend de lui.
Un coup d'oeil furtif à LA maman assise à côté de moi. Elle aussi a les larmes aux yeux. Ouf, je ne suis pas SI hypersensible que ça ! (ne serait-ce pas cette même maman qui avait fait pleurer tout le monde en pleurant d'émotion pour son mariage ? deux hyper-émotives dans la même famille c'est possible ? oui bon ok...)
Bon sinon, comme d'habitude, les transports en commun ne m'aiment pas, chaque fois que je vais quelque part, il y a toujours des trains supprimés (le mien en l'occurence !), des grèves SNCF ou des grèves RATP aussi. Donc tout ça n'est pas de tout repos, et Nanterre-La Défense presque tout à pied, c'est un exercice que je préfèrerais ne pas refaire...
Deux jours après mon retour, me voilà repartie illico presto pour Lyon puis pour Montpellier puis pour Arles avec une copine et sa soeur, dans leur maison familiale au coeur des vergers... c'était très chouette. Surtout avec un petit concert de Syrano (j'ai beaucoup aimé leurs nouvelles chansons) et des petites bourrettes (je n'avais que moyennement accroché en cd mais en live : c'est terrible !!) et les blérots de RAVEL (et cette fois, nous les avons vus... au dernier concert, le chapiteau était tellement rempli et la scène tellement basse, que pour des petits gabarits comme nous, c'était pas tip top !)
Et entre mes deux séjours, des nouvelles plutôt encourageantes de mon bel indécis. Un spectacle (tous les deux !) en vue, ne reste plus qu'à trouver une date. Un joli spectacle basé sur l'oeuvre d'un poète italien que j'ai appris être son auteur préféré et que moi je connais de manière beaucoup plus modeste à travers une chanson de Franck Monnet... Mais je le connais, c'est déjà pas mal !!
De belles perspectives à venir donc...
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23 juin 2008
Mine de rien...
Un avant-gout de vacances cette fête de la musique !!
J'ai en tête l'image des escaliers qui nous ont "portés" tout en haut de la Croix-Rousse... je ne pensais pas y arriver, et puis en fait si !! je me suis épatée moi-même ! poussée par l'envie d'arriver en haut et la forme physique des 4 autres, je m'en suis sortie, tant bien que mal, après plusieurs pauses pour reprendre mon souffle...
Mais j'y suis arrivée !!
et j'ai pu redécoller après quelques heures pour tout redescendre !
et j'ai pu remarcher après pendant pas mal de temps, et je n'étais même pas plus fatiguée que ça !!
Du coup j'ai aussi vu La Mine de Rien dans la soirée...
Et le lendemain, direction expo de Keith Haring au Musée d'Art Contemporain de Lyon. Une expo immense sur 3 étages pour un artiste immense !! Pleins de chouettes photographies de lui, dessinant dans le métro, toute une salle remplie de polaroids agrandis : Keith et Madonna, Keith et Andy Wharol, Keith et JP Gaultier !! Des brins de vie de quelqu'un pour qui elle a été écourtée...

Des oeuvres spectaculaires, dans le propos et dans la taille, une série de 15 plaques de tôles peintes, des sculptures, un "Pop Shop" reconstitué avec des films documentaires et interviews de ses proches...
Je me retrouve beaucoup dans certaines oeuvres de la fin de sa vie.
Et finalement ce que j'ai eu n'était pas si éloigné que ça du sida, et on m'a fait le test avant le diagnostic parce que les symptomes collaient avec une contamination par le VIH. Mais ma maladie à moi touchait les lymphocytes B et non les T. Et les causes n'étaient pas les mêmes... Mais les effets secondaires étaient assez proches...
Une véritable prise de conscience, s'il en faut encore, des années ayant connu l'émergence de cette maladie totalement inconnue jusqu'alors. Cinq années avant de savoir qu'il était contaminé, Keith Haring dessinait déjà des allégories de cette saleté qui touchait ses amis, et savait qu'elle le toucherait tôt ou tard...
Me revient en tête ce que m'a dit une amie lors d'un café-sourd - conférence/débat sur l'accès aux urgences pour les sourds : "les sourds ont appris l'existence du sida il n'y a que quelques années"
Enfin l'exposition ne parlait bien évidemment pas que du sida, mais je crois que là c'est mon côté soignant qui prend le dessus. ça me rassure qu'il prenne le dessus de temps en temps !
23:43 Publié dans Le tourbillon de la vie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14 juin 2008
Etre ouverte (ou bleue)
Je ne sais pas si c'est moi qui deviens aigrie ("le ciel est gris, les gens aigris...") mais j'ai de plus en plus de mal à supporter les gens... disons, pour réduire, les gens qui ne sont pas comme moi !
à un festival hier, en vue de voir LA RUE KETANOU en concert exceptionnel dans la banlieue lyonnaise avec d'autres petits groupes sympas... jusqu'ici pas de hic... à part que les gens étaient chiants ! pénibles, encombrants, sans-gêne, irrespectueux, inciviques, bourrés...
Comme une forte impression que les gens ne sont là QUE pour picoler et fumer du shit (mes vêtements en ont gardé l'odeur à vie je pense, et mes bras, eux, de jolis hématomes...)
Suis-je tellement différente de ces gens de mon âge ?
Pourquoi ne sont-ils pas là eux aussi pour écouter de la musique sympa, et notamment un groupe-phare (et rare) de la scène française ?
Quel intérêt à aller à des concerts pour être dos à la scène, pousser tout le monde, se poser devant quelqu'un de plus petit que soi, jongler (oui oui j'ai vu ça ! en plein concert !!), discuter avec ses copains... ? Pourquoi ne pas se contenter d'écouter attentivement, danser si le coeur s'en dit, discuter un peu avec ses "potes" mais discrètement, tout simplement respecter les gens qui étalent leur talent et s'en remettent à nous ?
Suis-je vraiment si vieille-peau que ça pour avoir envie de gifler les gens ? (j'ai même sorti mes coudes à un moment !!)
La panique s'est même emparée de moi à un instant t, vite ! sortir prendre l'air !! ou en tuer un ou deux !! au choix... et du coup je n'ai pas pleinement profité de cette soirée musicale. "L'enfer, c'est les autres !"
M'enfin La Rue Kétanou c'était quand même génial (même si je ne les ai pas franchement vus ! trop petite...), Imbert Imbert aussi, contente de le revoir, mais les autres... j'aimais beaucoup les Becs bien zen, mais cause mon moment de panique, je n'en ai pas beaucoup de (bons) souvenirs à part peut-être "Un Sentiment" alors qu'on était presque partie de la foule ! on y est vite retourné ! Mais le reste... le reste... (Thierry Blanchard, Kwak, Tournée Générale) (Karlit et Kabok ça compte pas, parce que je savais que c'était pas mon style) et bien c'était bof... déjà parce que le son était pas terrible, donc en ne connaissant pas les chansons, on ne pouvait pas les connaitre ! et puis parce qu'à côté de ce que j'avais vécu à mon festival en tant que bénévole, c'était tellement fade !!!
Par rapport à eux : Courir les Rues, les autres paraissaient super nul !! Je conseille vivement à quiconque ne connaitrait pas de se rendre illico à un de leur concert (la mise en scène est excellente !), ou au moins sur leur site internet, et d'apprécier à leur juste valeur les mots et les notes... bref J'ADORE !! (et en plus ils ont été hyper sympas, très droles et tout et tout....)
Je me passe leur cd en boucle et je ne m'en lasse pas, et je suis encore surprise de plein de choses !
Et Lavach' c'était très bien aussi (mais je ne sais pas s'ils étaient sympas ou non !) notamment toutes les chansons arméniennes...
Donc le festival s'est très bien passé !
Et j'en viens à me dire que peut-être, je n'arrive plus à apprécier les festivals où je ne suis pas complètement impliquée (comme bénévole par exemple...) et que ce n'est pas une question d'asociabilité ou de non-ouverture... enfin je dis ça pour me rassurer quoi...
18:43 Publié dans Au prix où sont les courges... | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : courir les rues, la rue kétanou
06 juin 2008
Deux perdus ne font pas un trouvé
11:57 Publié dans Tout le monde se sert dans mon assiette | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : artichaud
04 juin 2008
Vide ton sac !
Je suis officiellement bénévole (avec badge à mon nom et tout et tout) pour un festival d'arts de la rue organisé par ma belle soeur. Je monte donc à Paris ce week end avec une amie pour mettre en oeuvre mes talents... (servir du café, renseigner les gens, prendre des photos !! tout ce que j'aime quoi !)
Je suis toute émoustillée !! je vais pouvoir voir un peu mes neveux en plus (et je leur ai trouvé des super gommes en forme de petite voiture majorette qui roulent vraiment, je pense que ça va leur plaire !) mais eux qui se plaignaient que depuis la naissance de leur petit cousin je venais moins les voir (la maladie n'aidant pas non plus...) vont être déçus... devant partir mardi prochain, je pouvais aller les chercher à l'école lundi, mais cela était sans compter le préavis de grève posé par la SNCF pour mardi. Mon départ est donc avancé d'un jour, la fatigue ne me permettant pas d'être prise au beau milieu d'une grève des trains, mieux vaut jouer la carte de la sécurité...
Mais je suis contente !! Même si j'avais proposé à mon indécis de m'accompagner et qu'il n'a pas donné suite... et que j'ai appris hier de sa main qu'il était allé à "un super spectacle de théâtre, sensationnel !"... (et que donc il ne m'avait pas proposé de l'accompagné comme il me l'avait dit lorsque mes globules étaient au plus bas, mais mon moral bien en hausse !) Je crois que si je veux quoi que ce soit, je vais être obligée de prendre les devants, et comme ce n'est pas mon fort, ça risque de rester au stade "amour fou avorté"... dommage.
Heureusement, il me reste la carte "concert de Goran Bregovic" (oui oui après l'eurovision, il a pris le premier vol pour Lyon !) mais douée comme je suis, je ne lui ai encore pas demandé s'il venait ou non... (mais je vérifie tous les jours, il reste des places pour le cas où il n'ait pas encore la sienne !).
Regardez-moi ce petit concentré de bonheur :
Goran Bregovic - Efta efta
Sur ce, maintenant que tout le monde danse sur sa table basse, bonne fin de semaine !
15:42 Publié dans Le tourbillon de la vie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bregovic
31 mai 2008
Histoire d'une contrevenante
Un équilibre se crée dans ma vie. Equilibre entre ce que je veux faire et ce que je peux faire. Et équilibre entre ce que je dois faire et ce que je veux faire.
Quand on a passé six mois à ne rien faire, ni ce qu'on veut, ni ce qu'on doit, pour la simple et bonne raison qu'on ne peut pas... et bien on s'y habitue. Et quand il faut reprendre le dessus vis à vis des obligations, ce n'est pas facile...
En février 2007, quelques jours après qu'on m'ait annoncé que je ne serais jamais sage-femme, et quelques mois avant qu'on m'annonce que durant les six mois suivants l'hopital serait mon meilleur ami, j'ai "glissé" un stop. Glissé, ça veut dire qu'on ne s'est pas arrêté suffisamment longtemps. 1 seconde au lieu de 2 par exemple ! ce stop donnait sur une rue à sens unique où les voitures arrivent en face du panneau (très bonne visibilité !), et où on est obligé de tourner à droite. Autant dire un stop qui ne sert à rien, qui avait supplanté un céder le passage quelques semaines auparavant. Manque de bol, des gendarmes surveillaient ce nouveau stop. (qu'on ne vienne pas me dire que l'odeur de l'argent n'influence pas les emplacements des gendarmes !)
Au final, moi jeune conductrice, persuadée d'entendre un "bon, ça ira pour cette fois, mais faites attention", et bien non, je me suis faite verbalisée... à savoir 90€ d'amende et 4 points en moins. Oui oui, 4 points. Moi qui n'en ai que 6 sur mon permis probatoire !
Le problème, c'est que l'administration des permis de conduite est engorgée. Plus qu'engorgé même. Elle est dépassée par les évènements. Donc la lettre me disant que j'ai perdu des points et que je dois faire un stage de récupération de point OBLIGATOIREMENT sinon quoi ils annulent mon permis n'arrive pas. Je vais à la préfecture, qui me dit qu'officiellement j'ai encore 6 points et que donc je ne peux rien faire en prévision. Donc j'attends ma lettre...
Cette lettre arriva, en ce beau jour de janvier 2008... une petite semaine avant que je n'entre en chambre stérile, pour une durée indéterminée. Cette lettre m'informe que j'ai 4 mois pour faire mon stage. Mais dans 4 mois, je serais où moi ?? et dans quel état ?? Sur le moment je m'en fiche. Mon objectif c'est de me sortir de cette merde lymphatique, le reste m'importe peu... Ma mère écrit donc au ministère de l'intérieur, celui-là même qui nous envoie cette charmante lettre recommandée, joint un certificat médical et explique que je ne suis aucunement en état de faire un stage de conduite pour l'instant et qu'ils seraient sympa de m'accorder un délai supplémentaire...
Mais arrive le mois d'avril... et je commence à repenser à ce stage à faire avant début mai, et à cette réponse du ministère qui n'est toujours pas arrivée ! On se renseigne : que faire ? après maintes démarches administratives trèèèèès laborieuse, on nous apprend que pour obtenir un délai il faut écrire au procureur de la république en joignant un certificat médical. Très bien. J'écrit au procureur, 3 jours plus tard je reçois sa réponse : je fais mon stage quand je veux, quand je peux. (et une ou deux semaines après je reçois la réponse du ministère qui me dit d'écrire au procureur... merci !)
Et comme j'ai un peu envie de reconduire, et que je n'ai plus que 2 points sur mon permis, je me suis inscrite pour ce foutu stage jeudi et vendredi dernier, à la prévention routière... et finalement c'était très sympa !! on m'avait prédit un stage théorique ennuyeux au possible et rébarbatif, et moralisateur etc... et que nenni ! Je me suis retrouvée avec des gens très divers et très intéressants, tous sympathiques et droles, des formateurs charmants et optimistes... J'étais bien durant ces deux jours, à rencontrer de nouvelles têtes, à débattre avec les autres, moi la timide, et à regarder des vidéos de crash-test !
Et je suis repartie, plutôt satisfaite, avec un joli gilet de sécurité de la prévention routière, un alcootest, et 4 points crédités sur mon permis de conduire. (et donc, j'aurais toujours 6 points sur mon permis de conduire, même lorsque je ne plafonnerai plus à 6 mais à 12 comme tout le monde, et ce pour encore 3 ans si je ne commets aucune infraction... mais avec la chance dont je fais preuve, j'en doute largement !)
Tout ça pour remercier ouvertement ce gendarme qui m'a non seulement déprimée pendant de nombreuses semaines, qui m'a fait dépenser 235€ pour ce stage, agréable certes, mais dont je me serais volontiers passé, qui m'a stigmatisée, pour encore 3 ans sur une toute petite erreur de jeune conductrice, comme étant délinquante de la route et qui m'a causé de nombreux soucis à un moment de ma vie où je n'en avais pas franchement besoin...
(j'hésite d'ailleurs à envoyer une lettre à la gendarmerie pour me défouler un peu... il faudrait que je demande à ma psy si je peux céder à des envies aussi primaires !!)
18:27 Publié dans Le tourbillon de la vie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21 mai 2008
Petite peur
La douleur avait commencé dimanche, dans le sud de la France et dans le sud ouest de mon visage...
Mais c'est lundi matin que je me suis réveillée avec une pomme bien rouge entre l'oreille et la joue, légèrement plus bas. Une enflure conséquente au niveau de la machoire...
Mon sang ne fait qu'un tour : un ganglion hypertrophique.
J'ai peur, je tremble, je manque de tomber, et j'ai la nausée.
Ma mère appelle mon généraliste qui pense plutôt à une inflammation (rouge et chaud...) et qui me rassure "il est possible que ce soit un ganglion, mais pas obligatoirement cancéreux !"
J'étais allée le voir 3 jours auparavant pour un rhume-bronchique que je trainais depuis 10 ou 15 jours... "il est fort probable que ce soit lié, ne vous inquiétez pas".
Deux heures après nous étions dans la voiture direction la maison. Départ prématuré d'une journée, mais je ne me sens vraiment pas bien.
Le trajet ne m'a jamais semblé aussi court ! j'ai somnolé dans la voiture du départ à l'arrivée, donc pas d'arrêt en cours de route ! Arrivée à la maison ma mère sort son arme fatale : le thermomètre... j'ai plus de 39 de fièvre !
Le soir même je suis dans le cabinet de mon médecin. Elle m'ausculte "je ne sens pas de ganglion mais c'est très inflammatoire."
Il se trouve que ce petit incident tombait quand même très bien, mon rendez-vous trimestriel chez l'hématologue était prévu pour le lendemain ! Donc pas de panique, une modification des antibiotiques qui n'avaient pas été très efficaces jusqu'à maintenant, un peu de paracétamol et une échographie de la loge parotidienne juste avant la consultation.
Après l'échographie, je jette un coup d'oeil au compte-rendu : "parotidite ? possibilité d'infiltration lymphomateuse."
Ok, je respire. Plus qu'une heure et je retrouve mon cancérologue.
Lorsqu'il me voit, le Dr se moque : "qu'est-ce que vous nous avez fait ?" il regarde le compte rendu, me regarde moi. "très franchement ça ne ressemble pas du tout à une rechute !"
OUF !
Si le lymphome ressurgissait avec une hypertrophie de la parotide et de la sous-maxillaire, ainsi qu'une forte fièvre... ça se saurait, et finalement ce serait plutôt bien.
Mais le lymphome est sournois... le lymphome préfère s'infiltrer sans se montrer, ou alors par légères touches. Alors que là... dans le genre subtil on fait mieux !
GROS OUF !
Le scanner et le PETscan étaient niquels il y a quinze jours... donc pas de soucis à se faire.
Mais quand même, j'ai eu chaud aux miches !
Et je suis contente d'avoir choisi ce médecin-là pour mon suivi, ayant croisé celle qui aurait dû s'en occuper "alors comment ça va ? tu vois qui en rendez-vous là ?", et en qui je n'avais aucune confiance, pour le coup j'aurais été encore inquiète !
Mais sinon du côté de Montpellier il faisait très beau !
11:46 Publié dans Le tourbillon de la vie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : bataille
16 mai 2008
Sous mes cheveux - suite
Je ne sais pas s'il se doute de tout ce qui se trame dans ma tête.
Je me dis que ça ne doit pas être très difficile à voir...
Au concert, il n'était pas dans son assiette. Il ne m'a pas regardée, il m'a simplement demandé comment j'allais en me touchant l'épaule, ce sont les seules phrases que nous avons prononcées l'un envers l'autre. Il ne m'a pas dit pour mes cheveux que je garde à présent visibles, no comment. Il était mal à l'aise. J'en ai su la cause le lendemain via mon frère.
"Il a arrêté de boire. C'était devenu trop problématique. Mais c'est très dur."
Je savais qu'il buvait énormément (d'alcool j'entends !) le week end, pour oublier... la solitude, la lassitude, l'ennuie... Mais je ne pensais pas que c'était aussi grave. Il a pu mettre un nom sur sa dépendance, il est alcoolique.
Il ne sait pas à quel point nous avons des choses en commun... il ne sait pas à quel point j'ai besoin, moi aussi, d'oublier la solitude, la lassitude et l'ennui. Il ne sait pas que je suis là et que j'attends.
Et pourtant ce serait si simple.
Je ne sais pas non plus pourquoi je n'arrive pas à en parler à ma psy. Pourquoi je n'arrive pas à l'intégrer dans nos conversations. J'ai une certaine appréhension par rapport au fait que notre relation est liée à ma maladie alors que ce qui me rend triste et mélancolique en ce moment est lié à lui...
J'ai peur qu'elle trouve ça hors de propos.
Quand à sa situation actuelle à lui, j'aimerais l'aider, j'aimerais participer à sa "guérison", j'aimerais être là, à ses côtés, pour quand il ne va pas bien. Comme lui a été là pour moi, certains jours où il m'a rendu le sourire par ses visites impromptues.
Alors hier j'ai pris mon courage à deux mains, je l'ai appelé, et il est venu manger à la maison.
Nous avons rit, nous nous sommes sourit, beaucoup. Je l'ai observé, lui aussi je crois. J'aimais son "petit pull marine", ses manches relevées sur ses avants-bras, ses jambes croisées, ses mains exubérantes, ses doigts longs et fins où subsiste une petite trace de peinture, sa cicatrice sur la joue, ses cils immenses...
J'aimerais lui faire comprendre qui je suis vraiment, lui montrer que je ne suis plus cette petite fille à couettes qu'il a connu. Lui faire connaitre mon vrai moi.
19:36 Publié dans Au prix où sont les courges... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note





































