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29 décembre 2007

La panique mécanique

Dionysos (La mécanique du coeur) 

Quand je panique la mécanique de mon coeur déraille au point que je me prenne pour un vieux train
Loco locomotive à vapeur qui fait du wheeling sur les rails de mes propres peurs
J'ai peur de quoi? J'ai peur de toi, enfin de moi sans toi, regarde
Tu vois la vapeur filtrer sous les rails

C'est la panique mécanique de mon coeur, loco locomotive loco locomotive à vapeur
La panique mécanique de mon coeur, loco locomotive loco locomotive à vapeur

A l'heure qu'il est je suis sonné comme un clocher abandonné dans un désert de fumée bleue
Comme la peur de m'en aller, allez allez les aléas des allers-retours me cause quelques fracas
Que j'apprendrai à éviter une autre fois, mais là voyez ça commence à claquer j'ai du pop-corn dans le coeur

C'est la panique mécanique de mon coeur loco locomotive loco locomotive à vapeur
La panique mécanique de mon coeur, loco locomotive loco locomotive à vapeur

Gare à moi sans toi si tu ne m'attends pas à la gare
Mon coeur est lourd il ne flotte pas dans les océans même pacifiques
Il coule à pic un coeur qui pique je le sais, n'est pas très bon à aimer

C'est la panique mécanique de mon coeur...

23 décembre 2007

Calendrier de l'avent

ça y est, de retour.

Une infection, une chambre implantable en moins, un début de phlébite et 3 voies veineuses centrales plus tard, me revoilà.

Avec un hématome le plus énorme du monde au niveau de la cuisse, avec des dizaines de pansements partout, avec les jambes flageolantes d'être restées immobiles pendant plus de 15 jours... avec un sourire jusqu'aux oreilles !

 

Enfin, je suis tranquille jusqu'au 14 janvier, avec quelques examens hospitaliers entre temps, mais ça ne compte pas !

Mes bourreaux me laissent du temps pour me requinquer, pour reprendre du poids, pour regonfler mon moral avant la dure épreuve hermétique du secteur stérile.

 

Je me remplis de l'esprit de Noël, je profite des petits neveux electrisés par la proximité de la neige, je fais des étoiles à la cannelle.

Je pense à ce petit bonhomme d'une semaine qui n'a pas débuté dans la vie comme il aurait dû, qui reprend des forces dans l'inconnu, sans savoir ce qui l'attend pour la suite. Ce nouveau petit neveu beau comme un coeur "mon p'tit lu, ma colombe, mon jésus, mon loukoum, ma fève..." qu'on aime déjà sans l'avoir vu, ce "gros costaud" qu'on admire pour son courage malgré toutes les misères qu'on lui fait.

 

8d87b79a6d979875cfa70dfc8e293b99.jpgVoilà ce qui a composé mon calendrier de l'avent, chaque jour une nouvelle porte à ouvrir, qui a caché simultanément joie ou déception, peur et appréhension, confiance ou insomnie.

Pour Noël, tout va rentrer dans l'ordre.

C'est obligé.

03 décembre 2007

Concession

On me dit d'avoir une vie normale et ILS font tout pour que je n'ai pas de vie du tout.

Je suis malléable à volonté...

ILS ne se rendent pas compte que chaque changement de mon traitement, c'est comme un chateau de carte qui s'effondre dans ma tête.

Du coup au lieu de me faire mon prélèvement de cellules, ILS m'avancent ma troisième chimio de presque une semaine.

Et j'ai bien peur qu'ILS ne fassent pareil pour ma chambre stérile, et que je me retrouve en secteur protéger pour passer un joyeux noël...

ILS car ils ont tout pouvoir. 

 

A-t-on le droit de râler pour quelque chose d'aussi "normal" quand sa vie et son traitement sont en jeu ?

A-t-on le droit de dire qu'on en a marre d'être à leur merci quand on sait que d'autres gens aimeraient recevoir les mêmes soins que moi pour être guéris et n'y ont pas accès ?

A-t-on le droit de dire qu'on veut quand même prendre le temps de vivre, si on nous le permet ?

 

"une concession, une jolie concession..."

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