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12 janvier 2008

Inventaire

Je règle mes petites affaires avant de partir.

J'ai terminé les lettres, les cartes, les paquets à envoyer. J'ai choisi les livres, les films qui me suivront.

Je fais en sorte d'être suffisamment bien pour pouvoir supporter d'y retourner, pour longtemps et dans des conditions plus difficiles.

Hier l'ostéopathe m'a doucement dénoué le dos, m'a appris à me relaxer pour en dénouer une partie moi-même, m'a encouragée à être forte, et m'a complimentée sur l'éclat encore présent dans mes yeux "et tant que vous avez cet éclat-là, tout ira bien..."

Hier était le jour de ma première sortie dans le monde depuis longtemps. Marcher dans la rue. C'est tout simple et pourtant ça m'a demandé de gros efforts. Non les gens ne m'observaient pas plus que quelqu'un d'autre, non mon bonnet n'était pas suspect, non ma maladie n'est pas fixée sur mon visage, ma silhouette.

J'ai eu de la chance, je n'ai rencontré personne que je connaissais, personne qui m'a demandé "alors comment ça va ? ça fait longtemps qu'on ne s'est pas vu !"

Hier j'ai revu mon oncle et ma tante qui n'ont pas arrêté de me dire "oh tu n'as pas l'air malade, hein, ça ne se voit pas, on ne dirait pas que tu es malade..." d'ailleurs ils m'ont démasquée, c'est une fausse maladie que j'ai... c'est obligé ! "tu as perdu 10 kg ?? ça ne se voit pas..." merci ça fait plaisir ! comment je dois le prendre ??

Enfin je me suis rendu compte surtout qu'il y a des gens qui ne savent pas comment réagir, quoi dire, face à la maladie. Elle leur fait peur, non pas parce qu'ils ont peur qu'elle leur saute dessus, mais parce qu'ils se rendent compte que finalement, ça peut arriver à tout le monde, même avec la meilleure hygiène de vie.

 

Je suis assez sereine, contrairement à il y a quelques jours. Il faut y aller, eh bien allons-y. Après je serais tellement tranquille... Après je n'aurais plus à y retourner quand j'irais bien. Après je n'aurais plus à supporter tout ça !

 

Alors je vais mettre mon poing dans ma poche, et accepter d'y retourner pour un mois voire plus.

09 janvier 2008

A l'attaque

Loic Lantoine (Badaboum


Ce sont les flammes d'une colère
Qui viennent embraser le regard
De l'éparpillement de mes frères
Mes copains du "c'est pas trop tard"
C'est un joie démesurée
De faire les grandes découvertes
De nos histoires sans passé
De nos conneries recouvertes
Notre fierté d'être sans haine
Et de retourner au charbon
En gueulant "les gars faut qu'on s'aime
Et le chemin sera moins long"

Et c'est pas fini et ça continue
Vas y patron sers moi un rêve
Je te le paierai en fou rire
Il est pas l'heure de la trêve
On laissera pas nos poings mourir

Si on fait la collec' des rires
C'est pour préparer nos combats
C'est parce qu'on sait pas trop quoi dire
À part regardez plus en bas
Et si on mélange nos pleurs
Dans une mer d'amitié
C'est qu'il nous reste un peu de peur
Et qu'on a su la partager
Quand de sublimes engueulades
Viennent allumer le petit jour
C'est la honte d'un monde malade
Et c'est pour ça qu'encore on court

Et c'est pas fini et ça continue
Vas y patron sers moi un rêve
Je te le paierai en fou rire
Il est pas l'heure de la trêve
On laissera pas nos poings mourir

Et vos têtes en timidité
Tellement que vous aimez les autres
Pas besoin de vous imiter
Parce que j'vous aime c'est vous mes autres
Quand la folie dévaste tout
On voyage par petits bouts d'phrase
Un tour de terre en rien du tout
C'est notre cafard qu'on écrase
Quand on reprend le temps de s'asseoir
Au comptoir des quand même content
On s'dit que ça s'appelle l'espoir
On s'dit qu'on a encore du temps

Et qu'c'est pas fini et qu'ça continue
Vas y patron sers moi un rêve
Je te le paierai en fou rire
Il est pas l'heure de la trêve
On laissera pas nos poings mourir
À l'attaque, à l'attaque, à l'attaque, à l'attaque
À l'attaque

04 janvier 2008

Cracher nos souhaits

Je sens que le mois de janvier va être très dur... et je ne suis même pas encore en secteur protégé ! je suis tranquilou chez moi, je me fais bichonner question nourriture, je fais ce que je veux, aucune contrainte...

Et pourtant je pleure tous les soirs en m'endormant.

Je m'énerve moi-même.

Je m'accroche à chaque petite chose (et il y en a peu) que je peux plannifier, et quand ça ne se passe pas comme prévu, je le prends très mal... (oui je vire dépressive un peu pour courroner le tout !)

Alors je leur en veux d'avoir accepté, puis d'annuler maintenant, parce que moi je n'ai que ça à quoi me raccrocher, je n'ai qu'elles pour me soutenir, pour me pousser vers le haut. Je suis égoïste, mais je leur en veux.

Elles, elles ont une vie, elles ont peut être du mal à me caser dedans, parce qu'elles sont bien remplies, mais moi je n'ai qu'elles pour combler le simulacre que j'ai moi... je les attends leurs visites, je les prépare, parce qu'elles me font rire, parce qu'elles me parlent d'autre chose, parce que j'ai besoin qu'elles viennent à moi puisque je ne peux pas sortir de chez moi.

Et je lui en veux à elle d'avoir ses révisions et ses partiels juste au moment ou moi j'aurais besoin qu'elle soit le plus présente.

Moi qui passe mes journées devant mon ordinateur à attendre que quelqu'un se connecte, à quémander un mail ou un nouveau post sur mes blogs préférés... Quelle vie !

Alors je leur en veux, et j'en ai marre, et je m'en veux de leur en vouloir !

Je lui en veux aussi de m'avoir proposé son soutien, son écoute pour "cracher des mots" et d'être maintenant trop occupé pour me soutenir et m'écouter, alors mes mots, je les crache ici. Je lui en veux de ne pas avoir vu que je m'attachais beaucoup à lui, et de ne pas s'être rendu compte que peut être que c'était moi la femme de sa vie !! (oui c'est un peu présomptueux, mais j'ai dit "peut-être")

Et je lui en veux, à mon père, ce héro, d'être sur les nerfs, de ne pas comprendre, d'être susceptible et de prendre mal tout ce qu'on lui dit, parce que moi je n'ai pas besoin de ça en ce moment !

 

Moi j'ai besoin de soutien, et tout le monde me lâche au jour d'aujourd'hui, ce n'est pas voulu mais c'est un fait, c'est la période qui n'est pas bonne peut-être, je ne sais pas, mais moi je sens bien que le 14 je vais leur dire "non merci, ce sera sans moi, je m'arrête là, merci pour vos bons soins mais là ça me suffit !"

 


 

podcast

(mano solo - janvier)

01 janvier 2008

une étincelle dans la gorge

4302224fde80a1775a291489c9d79d8d.jpgSi une nouvelle année c'est une page tournée sur la précédente, j'aimerais moi aussi tourner la page, passer à autre chose, laisser derrière moi toutes les déceptions...

Mais il y a toujours cette fatigue chronique, ces tiraillements dans mes mollets quand je marche, ces cicatrices qui me démangent et qui me tirent la peau, cette barrière aseptisée entre moi et les gens que j'aime, cette phobie des microbes des maladies qui pourraient me mettre KO.

Il y a toujours cette chambre stérile dans 13 jours exactement.

Les larmes coulent à mesure que les jours passent.

 

Et il y a toutes ces choses qui me minent le moral et qui assombrissent mes pensées...

Ce petit bonhomme que je ne verrai pas avant ses 2 mois, les dissidences familiales quant aux parrain/marraine, les rancoeurs massérées pendant longtemps que cela fait resurgir, l'incapacité de choisir, de décider, de controler quoi que ce soit... le brouillard sur mon avenir professionnel, aurais-je vraiment envie de reprendre après tout ça ?

Ce copain à qui je m'étais énormément attachée, qui m'a prévalu de nombreux tricotages cérébraux, "peut-être que..." et puis finalement non, c'en est une autre qui a eu la fève... j'espère au moins qu'elle sait ce qu'elle a gagné...

 

Bref l'année commence bien et on m'avait dit qu'elle ne pourrait pas être pire que la précédente...

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