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13 mars 2008
Présent
J'ai toujours accepté les cadeaux que l'on m'a offerts. Je m'en voulais parfois de prendre ce qu'on me donnait, mais j'ai du mal à résister à quelque chose qui m'attire ! Je n'arrive pas à refuser ce qui me fait plaisir... Je me suis finalement rendue compte que lorsqu'on propose d'offrir quelque chose à quelqu'un qui le refuse, c'est assez vexant... j'appécie les gens qui disent ce dont ils ont envie, ceux qui acceptent qu'on paie pour eux un café, ceux qui choisissent de bon coeur la couleur de t-shirt qu'ils avaient vus dans la vitrine « il te plait ? Et bien, entre, je te l'offre ! » alors je ne suis plus gênée, devant les offres qu'on me fait, de ne pas tergiverser pendant des heures « oh non, tu crois ? T'es sûre ? Bin oui moi ça me plait... mais tu n'as pas à me l'offrir... mais en quel honneur ? » les cadeaux font autant plaisir à celui qui les offre qu'à celui qui les reçoit, parfois même plus. Alors je n'ai plus peur de m'enthousiasmer, de remercier cent fois, de sourire, d'embrasser une, deux, trois fois ! Cette vieille dame, je sais que ça lui fait plaisir de m'offrir ce livre, mais elle ne sait pas lequel, elle m'a demandé de lui envoyer les références d'un ouvrage qui me plairait... j'ai hésité un instant, et puis finalement je vais le faire, mais je vais bien le choisir mon livre !
Et devant un tel cadeau, présenté sur un plateau d'argent : la guérison. Comment réagir ? Faire la mijorée, me cacher derrière ma maladie en disant non merci, le statut de malade c'est pas si mal, avouer que j'ai peur de revenir à une vie normale ? Ou plutôt à cette transition entre maladie et normalité : le corps est guéri mais d'apparence décharné, les yeux sont cernés et le crane encore luisant. Ai-je le droit d'accepter alors que lui est entre le vie et la mort ?
Ai-je le droit d'accepter de vivre, moi qui reviens de si loin, si lui n'y parvient pas ?
J'ai accepté ce cadeau avec un sourire immense : la fin du traitement et de tout ce qui va autour. Mais est-ce normal de se sentir coupable de lui l'avoir pris des mains si goulûment, et de ne rien pouvoir lui offrir à lui que des pensées colorées ?
15:41 Publié dans Au prix où sont les courges... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bataille






































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