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25 mars 2008
à ma cousine
Voilà ce que je massère depuis plusieurs semaines et que j'aurais pu lui cracher à la figure ce soir...
"Je suis malade depuis 6 mois et tu as dû me demander 3 fois, en tout et pour tout, comment j'allais, au détour d'une conversation sur msn. Même tes petits frères ont plus pris de mes nouvelles ! Mais quand même, je te réponds ce soir. Je vais mieux, mais j'ai été très malade, j'ai souffert, j'ai pleuré, j'ai failli y rester, j'aurais pu y rester. à croire que finalement j'ai eu de la chance. Pourtant j'étais mal partie. J'ai eu une opération à coeur ouvert qui a duré 6 longues heures. En soins intensifs, je vomissais en dormant à cause de la morphine. Tu peux imaginer ce que c'est d'avoir envie d'aller aux toilettes et de devoir attendre une aide-soignante ou une infirmière parce que tu ne peux même pas t'asseoir toute seule dans ton lit ? de ne pas pouvoir se laver seule ? c'est humiliant. Heureusement il y a des gens qui comprennent que c'est dur. Le personnel soignant en général, et les proches (et parfois moins proches !) qui obstruent ton téléphone de petits sms de compassion, d'encouragement, de gentilles lettres, de petites cartes. Et c'est ça qui te fait tenir, et qui te pousse à en faire tous les jours un peu davantage, et finalement un beau matin, tu peux te lever, et quelques jours après tu peux rentrer chez toi... Et ces gens-là tu les as dans ton coeur pour toute ta vie.
"Et puis il y a les autres... ceux que tu aurais aimé entendre au téléphone, ceux que tu croyais proches et c'est dans ces cas-là que tu te rends compte que non, tu t'étais trompé. Et tu peux te permettre de leur dire ces choses, parce que tu as changé, que tu n'as plus envie de te forcer à quoi que ce soit, et que tu n'as plus rien à perdre, puisque leur soutien tu l'as déjà perdu depuis longtemps sans même t'en être rendu compte ! Moi j'ai décidé que ces gens-là, mes proches qui ne m'ont pas soutenu, j'avais le droit de leur dire MERDE une bonne fois pour toute. Ils n'ont plus d'importance pour moi. Enfin il n'y en a pas beaucoup et j'en suis heureuse. Mais on est parfois surpris de voir qui ils sont. Ce n'est pas les moins proches qui s'inquiètent le moins. Et la maladie révèle parfois des personnalités inattendues... souvent de bonnes surprises. Parfois de très mauvaises...
"Un sms de temps en temps ça ne coute rien et ça fait plaisir (et mon numéro je te l'ai donné au moins 3 fois...) Une gentille carte qui dit simplement "je pense à toi, bon courage" c'est encore mieux. C'est ce que j'aurais fait moi si les rôles étaient inversés. J'aurais peut être même fait plus. Je t'aurais peut être appelé à l'hopital. Je t'aurais peut être envoyé un petit cadeau ou des fleurs chez toi...
"Mais chacun fait comme il veut. Je ne pense pas que tu te fiches complètement de ce qui m'arrive. Mais je crois que tant que ça ne te touche pas de près, ça ne t'intéresse pas plus que ça. Tu n'y trouves pas d'importance peut être. Peut être même que tu t'es dit "je suis contente que ça ne me sois pas arrivé à moi !" ou "moi je n'aurais pas supporté". En tout cas si ça t'arrive un jour, ce que je ne te souhaite bien évidemment pas (mais je suis bien placée pour savoir que la santé c'est une grosse loterie !), j'espère que tu as des amis aussi formidables que les miens. Et les amis c'est très important, parce qu'on a parfois de douces illusions en ce qui concerne la famille...
"Bien à toi...
"Ta cousine chez qui tu as passé de nombreuses vacances..."
Mais je n'en ai pas eu le cran. L'avocat du diable m'a convaincue... Elle est maladroite, elle ne sait pas dire les choses, à 22 ans, on ne comprend pas forcément, elle n'a pas eu une vie facile, tu sais ses parents ont divorcé récemment, elle ne sait pas ce que c'est, elle n'y a pas pensé...
Bref. Je ne ferais plus d'efforts...
Et ce soir, quand elle m'a parlé, sans me demander comment j'allais depuis notre dernière conversation il y a environ 2 mois, de son projet de gateau en bonbons, je n'ai rien dit de tout ce que j'avais sur le coeur. J'ai vaguement répondu, froidement.
23:21 Publié dans Au prix où sont les courges... | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : résolutions






































Commentaires
Comme tu le dis, l'essentiel est d'avoir des gens sur qui l'on peut compter... Mais quelle violence de devoir affronter à la fois la maladie et la fuite de certains proches...
à plusieurs, on est toujours plus forts...
Gros bizoo...
Marie
Ecrit par : Marinette | 26 mars 2008
heureusement qu'on peut compter sur de nombreuses personnes oui !
à bientôt
Ecrit par : Mlle Rêve | 27 mars 2008
L'essentiel, c'est que toi tu te sentes bien comme ça... si tu penses que ça te soulagera de lui dire tout cela, je crois que tu devrais le lui dire. Et puis, à 22 ans, on n'est plus tout petit quand même...
Allez, bon courage, et je suis heureuse que tu aies eu plus de "bonnes surprises" que de mauvaises au niveau de tes proches durant cette période difficile.
Je t'embrasse.
Ecrit par : Becky wincky | 27 mars 2008
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