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28 mars 2008

Rempotage

839797488.JPGLa verdure réchauffe les coeurs, et avec elle le timide soleil de printemps qui perce les nuages gris.

J'ai racheté un petit pot de lierre, l'ancien étant mort à cause de mes colocataires... Il est resté 6 mois dans chambre, volets fermés... il n'a pas supporté l'enfermement !

Mais j'en ai fait le deuil et le petit nouveau me plait bien. 

J'ai aussi investi dans un polyscias... c'est fait pour moi : il parait que c'est quasi increvable !

 

Les petites plantes m'ont redonné le sourire.

(accompagnées d'une poupoule chocolatée un peu en retard !)

 

Pour courroner le tout de fins traits noirs encerclent mes yeux : les cils repoussent !! C'est bon signe...

 

[En prime une photo du défunt dans sa boite de crème de marrons et mon squelette en kit] 

25 mars 2008

à ma cousine

Voilà ce que je massère depuis plusieurs semaines et que j'aurais pu lui cracher à la figure ce soir...

 

"Je suis malade depuis 6 mois et tu as dû me demander 3 fois, en tout et pour tout, comment j'allais, au détour d'une conversation sur msn. Même tes petits frères ont plus pris de mes nouvelles ! Mais quand même, je te réponds ce soir. Je vais mieux, mais j'ai été très malade, j'ai souffert, j'ai pleuré, j'ai failli y rester, j'aurais pu y rester. à croire que finalement j'ai eu de la chance. Pourtant j'étais mal partie. J'ai eu une opération à coeur ouvert qui a duré 6 longues heures. En soins intensifs, je vomissais en dormant à cause de la morphine. Tu peux imaginer ce que c'est d'avoir envie d'aller aux toilettes et de devoir attendre une aide-soignante ou une infirmière parce que tu ne peux même pas t'asseoir toute seule dans ton lit ? de ne pas pouvoir se laver seule ? c'est humiliant. Heureusement il y a des gens qui comprennent que c'est dur. Le personnel soignant en général, et les proches (et parfois moins proches !) qui obstruent ton téléphone de petits sms de compassion, d'encouragement, de gentilles lettres, de petites cartes. Et c'est ça qui te fait tenir, et qui te pousse à en faire tous les jours un peu davantage, et finalement un beau matin, tu peux te lever, et quelques jours après tu peux rentrer chez toi... Et ces gens-là tu les as dans ton coeur pour toute ta vie.

"Et puis il y a les autres... ceux que tu aurais aimé entendre au téléphone, ceux que tu croyais proches et c'est dans ces cas-là que tu te rends compte que non, tu t'étais trompé. Et tu peux te permettre de leur dire ces choses, parce que tu as changé, que tu n'as plus envie de te forcer à quoi que ce soit, et que tu n'as plus rien à perdre, puisque leur soutien tu l'as déjà perdu depuis longtemps sans même t'en être rendu compte ! Moi j'ai décidé que ces gens-là, mes proches qui ne m'ont pas soutenu, j'avais le droit de leur dire MERDE une bonne fois pour toute. Ils n'ont plus d'importance pour moi. Enfin il n'y en a pas beaucoup et j'en suis heureuse. Mais on est parfois surpris de voir qui ils sont. Ce n'est pas les moins proches qui s'inquiètent le moins. Et la maladie révèle parfois des personnalités inattendues... souvent de bonnes surprises. Parfois de très mauvaises...

"Un sms de temps en temps ça ne coute rien et ça fait plaisir (et mon numéro je te l'ai donné au moins 3 fois...) Une gentille carte qui dit simplement "je pense à toi, bon courage" c'est encore mieux. C'est ce que j'aurais fait moi si les rôles étaient inversés. J'aurais peut être même fait plus. Je t'aurais peut être appelé à l'hopital. Je t'aurais peut être envoyé un petit cadeau ou des fleurs chez toi...

"Mais chacun fait comme il veut. Je ne pense pas que tu te fiches complètement de ce qui m'arrive. Mais je crois que tant que ça ne te touche pas de près, ça ne t'intéresse pas plus que ça. Tu n'y trouves pas d'importance peut être. Peut être même que tu t'es dit "je suis contente que ça ne me sois pas arrivé à moi !" ou "moi je n'aurais pas supporté". En tout cas si ça t'arrive un jour, ce que je ne te souhaite bien évidemment pas (mais je suis bien placée pour savoir que la santé c'est une grosse loterie !), j'espère que tu as des amis aussi formidables que les miens. Et les amis c'est très important, parce qu'on a parfois de douces illusions en ce qui concerne la famille...

"Bien à toi...

"Ta cousine chez qui tu as passé de nombreuses vacances..."

 

Mais je n'en ai pas eu le cran. L'avocat du diable m'a convaincue... Elle est maladroite, elle ne sait pas dire les choses, à 22 ans, on ne comprend pas forcément, elle n'a pas eu une vie facile, tu sais ses parents ont divorcé récemment, elle ne sait pas ce que c'est, elle n'y a pas pensé...

Bref. Je ne ferais plus d'efforts...

Et ce soir, quand elle m'a parlé, sans me demander comment j'allais depuis notre dernière conversation il y a environ 2 mois, de son projet de gateau en bonbons, je n'ai rien dit de tout ce que j'avais sur le coeur. J'ai vaguement répondu, froidement.

 

19 mars 2008

S.T.O.P

Ras le pompom des mauvaises nouvelles ! STOP !

Autour de moi les annonces diagnostic critiquent se multiplient à vitesse-éclair.

Comme si j'avais été précurseur d'une série de maladies graves chez les gens que j'aime... ça fait peur !

J'ai peur.

De la suite...

2130441034.JPGComment peut-on expliquer tout ça ? notre environnement qui se détériore à ce point ? nos modes de vie pourtant raisonnables ne le sont encore pas suffisamment ? Les progrès technologiques et scientifiques nous font-ils courir à notre perte ? J'en viens à penser que nous sommes une génération maudite !

 

Faut-il se blinder déjà tout petits à perdre au cours de sa vie ses amis, ses frères, ses enfants ?

 

Je vais retourner voir la psychologue de l'hopital.

J'en ai besoin je crois.

13 mars 2008

Présent

J'ai toujours accepté les cadeaux que l'on m'a offerts. Je m'en voulais parfois de prendre ce qu'on me donnait, mais j'ai du mal à résister à quelque chose qui m'attire ! Je n'arrive pas à refuser ce qui me fait plaisir... Je me suis finalement rendue compte que lorsqu'on propose d'offrir quelque chose à quelqu'un qui le refuse, c'est assez vexant... j'appécie les gens qui disent ce dont ils ont envie, ceux qui acceptent qu'on paie pour eux un café, ceux qui choisissent de bon coeur la couleur de t-shirt qu'ils avaient vus dans la vitrine « il te plait ? Et bien, entre, je te l'offre ! » alors je ne suis plus gênée, devant les offres qu'on me fait, de ne pas tergiverser pendant des heures « oh non, tu crois ? T'es sûre ? Bin oui moi ça me plait... mais tu n'as pas à me l'offrir... mais en quel honneur ? » les cadeaux font autant plaisir à celui qui les offre qu'à celui qui les reçoit, parfois même plus. Alors je n'ai plus peur de m'enthousiasmer, de remercier cent fois, de sourire, d'embrasser une, deux, trois fois ! Cette vieille dame, je sais que ça lui fait plaisir de m'offrir ce livre, mais elle ne sait pas lequel, elle m'a demandé de lui envoyer les références d'un ouvrage qui me plairait... j'ai hésité un instant, et puis finalement je vais le faire, mais je vais bien le choisir mon livre !

 

Et devant un tel cadeau, présenté sur un plateau d'argent : la guérison. Comment réagir ? Faire la mijorée, me cacher derrière ma maladie en disant non merci, le statut de malade c'est pas si mal, avouer que j'ai peur de revenir à une vie normale ? Ou plutôt à cette transition entre maladie et normalité : le corps est guéri mais d'apparence décharné, les yeux sont cernés et le crane encore luisant. Ai-je le droit d'accepter alors que lui est entre le vie et la mort ?

 

Ai-je le droit d'accepter de vivre, moi qui reviens de si loin, si lui n'y parvient pas ?

 

J'ai accepté ce cadeau avec un sourire immense : la fin du traitement et de tout ce qui va autour. Mais est-ce normal de se sentir coupable de lui l'avoir pris des mains si goulûment, et de ne rien pouvoir lui offrir à lui que des pensées colorées ?

05 mars 2008

Assommoir

Tout a commencé par une mauvaise grippe, puis l'hospitalisation d'urgence pour une pneumonie, et ce soir, ses jours sont en danger.

Je ne pensais pas être la plus malchanceuse de la Terre, mais je pensais avoir vécu mon lot de "pire." Eh bien non, il y a toujours pire, il y a toujours plus rare, plus surprenant, plus "grave" si l'on peut juger/jauger la gravité.

Et quand moi je leur ai annoncé ma maladie, les gens se sentaient-ils aussi mal que je me sens moi en ce moment ?

Et lui comment se sent-il ? est-ce qu'il dort à cette heure tardive ? est-ce qu'il a peur ? est-ce qu'il se rend seulement compte de ce qui se passe ?

Et moi est-ce que je m'en rendais compte ? Quand on est pris dans quelque chose qui nous dépasse, on ne peut que suivre le mouvement et supporter les longues journées, l'attente, la fatigue... Dormir, le seul moment qui soulage. Le repos, le temps qui passe sans nous. C'est ce qu'on peut souhaiter de mieux. Alors jusqu'à ce qu'il aille mieux, je lui souhaite de dormir le plus qu'il peut !

Il ira mieux, il ne peut en être autrement.

Il y a un moment où tout rentre dans l'ordre. J'ai besoin d'y croire. Où la vie redevient ce qu'elle a toujours été, avec des contrariétés futiles comme une tache sur un chemisier ou un lave-vaisselle en panne, avec des larmes bêtes comme celles versées devant un film à l'eau de rose.

Les larmes montent. Trop de souvenirs, trop de mauvais moments passés qu'on aimerait oublier mais qu'on ne peut pas. Je les revis tous. Ils resurgissent quand ils me sentent faible. Ils sont resté gravés dans ma mémoire au chapitre "fin de ma première vie", je les écris. Certains détails me reviennent en pleine nuit au détour d'un mauvais rêve. Comme cette femme inventée qui me disait "j'ai su que tu étais malade, mais ça ne devait pas être bien grave."

J'ai frolé la mort sans même m'en rendre compte.

Lui non plus ne doit pas s'en rendre compte...

 

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