« 2008-04 | Page d'accueil | 2008-06 »

31 mai 2008

Histoire d'une contrevenante

Un équilibre se crée dans ma vie. Equilibre entre ce que je veux faire et ce que je peux faire. Et équilibre entre ce que je dois faire et ce que je veux faire.

Quand on a passé six mois à ne rien faire, ni ce qu'on veut, ni ce qu'on doit, pour la simple et bonne raison qu'on ne peut pas... et bien on s'y habitue. Et quand il faut reprendre le dessus vis à vis des obligations, ce n'est pas facile...

En février 2007, quelques jours après qu'on m'ait annoncé que je ne serais jamais sage-femme, et quelques mois avant qu'on m'annonce que durant les six mois suivants l'hopital serait mon meilleur ami, j'ai "glissé" un stop. Glissé, ça veut dire qu'on ne s'est pas arrêté suffisamment longtemps. 1 seconde au lieu de 2 par exemple ! ce stop donnait sur une rue à sens unique où les voitures arrivent en face du panneau (très bonne visibilité !), et où on est obligé de tourner à droite. Autant dire un stop qui ne sert à rien, qui avait supplanté un céder le passage quelques semaines auparavant. Manque de bol, des gendarmes surveillaient ce nouveau stop. (qu'on ne vienne pas me dire que l'odeur de l'argent n'influence pas les emplacements des gendarmes !)

Au final, moi jeune conductrice, persuadée d'entendre un "bon, ça ira pour cette fois, mais faites attention", et bien non, je me suis faite verbalisée... à savoir 90€ d'amende et 4 points en moins. Oui oui, 4 points. Moi qui n'en ai que 6 sur mon permis probatoire !

Le problème, c'est que l'administration des permis de conduite est engorgée. Plus qu'engorgé même. Elle est dépassée par les évènements. Donc la lettre me disant que j'ai perdu des points et que je dois faire un stage de récupération de point OBLIGATOIREMENT sinon quoi ils annulent mon permis n'arrive pas. Je vais à la préfecture, qui me dit qu'officiellement j'ai encore 6 points et que donc je ne peux rien faire en prévision. Donc j'attends ma lettre...

Cette lettre arriva, en ce beau jour de janvier 2008... une petite semaine avant que je n'entre en chambre stérile, pour une durée indéterminée. Cette lettre m'informe que j'ai 4 mois pour faire mon stage. Mais dans 4 mois, je serais où moi ?? et dans quel état ?? Sur le moment je m'en fiche. Mon objectif c'est de me sortir de cette merde lymphatique, le reste m'importe peu... Ma mère écrit donc au ministère de l'intérieur, celui-là même qui nous envoie cette charmante lettre recommandée, joint un certificat médical et explique que je ne suis aucunement en état de faire un stage de conduite pour l'instant et qu'ils seraient sympa de m'accorder un délai supplémentaire...

Mais arrive le mois d'avril... et je commence à repenser à ce stage à faire avant début mai, et à cette réponse du ministère qui n'est toujours pas arrivée ! On se renseigne : que faire ? après maintes démarches administratives trèèèèès laborieuse, on nous apprend que pour obtenir un délai il faut écrire au procureur de la république en joignant un certificat médical. Très bien. J'écrit au procureur, 3 jours plus tard je reçois sa réponse : je fais mon stage quand je veux, quand je peux. (et une ou deux semaines après je reçois la réponse du ministère qui me dit d'écrire au procureur... merci !)

Et comme j'ai un peu envie de reconduire, et que je n'ai plus que 2 points sur mon permis, je me suis inscrite pour ce foutu stage jeudi et vendredi dernier, à la prévention routière... et finalement c'était très sympa !! on m'avait prédit un stage théorique ennuyeux au possible et rébarbatif, et moralisateur etc... et que nenni ! Je me suis retrouvée avec des gens très divers et très intéressants, tous sympathiques et droles, des formateurs charmants et optimistes... J'étais bien durant ces deux jours, à rencontrer de nouvelles têtes, à débattre avec les autres, moi la timide, et à regarder des vidéos de crash-test !

Et je suis repartie, plutôt satisfaite, avec un joli gilet de sécurité de la prévention routière, un alcootest, et 4 points crédités sur mon permis de conduire. (et donc, j'aurais toujours 6 points sur mon permis de conduire, même lorsque je ne plafonnerai plus à 6 mais à 12 comme tout le monde, et ce pour encore 3 ans si je ne commets aucune infraction... mais avec la chance dont je fais preuve, j'en doute largement !)

 

Tout ça pour remercier ouvertement ce gendarme qui m'a non seulement déprimée pendant de nombreuses semaines, qui m'a fait dépenser 235€ pour ce stage, agréable certes, mais dont je me serais volontiers passé, qui m'a stigmatisée, pour encore 3 ans sur une toute petite erreur de jeune conductrice, comme étant délinquante de la route et qui m'a causé de nombreux soucis à un moment de ma vie où je n'en avais pas franchement besoin...

(j'hésite d'ailleurs à envoyer une lettre à la gendarmerie pour me défouler un peu... il faudrait que je demande à ma psy si je peux céder à des envies aussi primaires !!)

21 mai 2008

Petite peur

La douleur avait commencé dimanche, dans le sud de la France et dans le sud ouest de mon visage...

Mais c'est lundi matin que je me suis réveillée avec une pomme bien rouge entre l'oreille et la joue, légèrement plus bas. Une enflure conséquente au niveau de la machoire...

Mon sang ne fait qu'un tour : un ganglion hypertrophique.

J'ai peur, je tremble, je manque de tomber, et j'ai la nausée. 

Ma mère appelle mon généraliste qui pense plutôt à une inflammation (rouge et chaud...) et qui me rassure "il est possible que ce soit un ganglion, mais pas obligatoirement cancéreux !"

 

J'étais allée le voir 3 jours auparavant pour un rhume-bronchique que je trainais depuis 10 ou 15 jours... "il est fort probable que ce soit lié, ne vous inquiétez pas".

 

Deux heures après nous étions dans la voiture direction la maison. Départ prématuré d'une journée, mais je ne me sens vraiment pas bien.

Le trajet ne m'a jamais semblé aussi court ! j'ai somnolé dans la voiture du départ à l'arrivée, donc pas d'arrêt en cours de route ! Arrivée à la maison ma mère sort son arme fatale : le thermomètre... j'ai plus de 39 de fièvre !

Le soir même je suis dans le cabinet de mon médecin. Elle m'ausculte "je ne sens pas de ganglion mais c'est très inflammatoire."

 

Il se trouve que ce petit incident tombait quand même très bien, mon rendez-vous trimestriel chez l'hématologue était prévu pour le lendemain ! Donc pas de panique, une modification des antibiotiques qui n'avaient pas été très efficaces jusqu'à maintenant, un peu de paracétamol et une échographie de la loge parotidienne juste avant la consultation.

 

Après l'échographie, je jette un coup d'oeil au compte-rendu : "parotidite ? possibilité d'infiltration lymphomateuse."

Ok, je respire. Plus qu'une heure et je retrouve mon cancérologue. 

 

Lorsqu'il me voit, le Dr se moque : "qu'est-ce que vous nous avez fait ?" il regarde le compte rendu, me regarde moi. "très franchement ça ne ressemble pas du tout à une rechute !"

OUF !

Si le lymphome ressurgissait avec une hypertrophie de la parotide et de la sous-maxillaire, ainsi qu'une forte fièvre... ça se saurait, et finalement ce serait plutôt bien.

Mais le lymphome est sournois... le lymphome préfère s'infiltrer sans se montrer, ou alors par légères touches. Alors que là... dans le genre subtil on fait mieux !

GROS OUF !

Le scanner et le PETscan étaient niquels il y a quinze jours... donc pas de soucis à se faire.

 

Mais quand même, j'ai eu chaud aux miches !

Et je suis contente d'avoir choisi ce médecin-là pour mon suivi, ayant croisé celle qui aurait dû s'en occuper "alors comment ça va ? tu vois qui en rendez-vous là ?", et en qui je n'avais aucune confiance, pour le coup j'aurais été encore inquiète ! 

 

Mais sinon du côté de Montpellier il faisait très beau ! 

16 mai 2008

Sous mes cheveux - suite

Je ne sais pas s'il se doute de tout ce qui se trame dans ma tête.

Je me dis que ça ne doit pas être très difficile à voir...

 

Au concert, il n'était pas dans son assiette. Il ne m'a pas regardée, il m'a simplement demandé comment j'allais en me touchant l'épaule, ce sont les seules phrases que nous avons prononcées l'un envers l'autre. Il ne m'a pas dit pour mes cheveux que je garde à présent visibles, no comment. Il était mal à l'aise. J'en ai su la cause le lendemain via mon frère.

 

"Il a arrêté de boire. C'était devenu trop problématique. Mais c'est très dur."

Je savais qu'il buvait énormément (d'alcool j'entends !) le week end, pour oublier... la solitude, la lassitude, l'ennuie... Mais je ne pensais pas que c'était aussi grave. Il a pu mettre un nom sur sa dépendance, il est alcoolique.

 

Il ne sait pas à quel point nous avons des choses en commun... il ne sait pas à quel point j'ai besoin, moi aussi, d'oublier la solitude, la lassitude et l'ennui. Il ne sait pas que je suis là et que j'attends.

Et pourtant ce serait si simple.

 

Je ne sais pas non plus pourquoi je n'arrive pas à en parler à ma psy. Pourquoi je n'arrive pas à l'intégrer dans nos conversations. J'ai une certaine appréhension par rapport au fait que notre relation est liée à ma maladie alors que ce qui me rend triste et mélancolique en ce moment est lié à lui...

J'ai peur qu'elle trouve ça hors de propos. 

 

Quand à sa situation actuelle à lui, j'aimerais l'aider, j'aimerais participer à sa "guérison", j'aimerais être là, à ses côtés, pour quand il ne va pas bien. Comme lui a été là pour moi, certains jours où il m'a rendu le sourire par ses visites impromptues.

Alors hier j'ai pris mon courage à deux mains, je l'ai appelé, et il est venu manger à la maison.

 

Nous avons rit, nous nous sommes sourit, beaucoup. Je l'ai observé, lui aussi je crois. J'aimais son "petit pull marine", ses manches relevées sur ses avants-bras, ses jambes croisées, ses mains exubérantes, ses doigts longs et fins où subsiste une petite trace de peinture, sa cicatrice sur la joue, ses cils immenses...

 

J'aimerais lui faire comprendre qui je suis vraiment, lui montrer que je ne suis plus cette petite fille à couettes qu'il a connu. Lui faire connaitre mon vrai moi.

12 mai 2008

Sous mes cheveux

Les blérots de RAVEL (voleurs du dimanche)

 

On est là comme deux cons
On est bien tous les deux
C'est pas pour not' pognon
Mais pour c'qu'y a dans nos yeux
Que la foule se fige
Et s'émerveille un peu
Il s'rait ptet' temps qu'tu piges
Tout c'qui se passe sous mes cheveux
Parce que toi t'as rien vu
Pendant toutes ces années
D't'façon t'y aurais pas cru
C'que c'est beau l'amitié
Mais au premier coup d'vent
J'aurais chopé ta main
Prétextant l'accident et comme ça
Ouais comme ça l'air de rien...

T'entrainer pour valser
Dans ces bistrots crados
Où j'ai trainé mes grolles
Quand j'avais le coeur gros
Me serrer contre toi
Se bouffer les coins d'table
Tournoyant dans tes bras
Au delà du raisonnable
On ferait tout c'qu'on trouve nul
Quand on doit l'faire tout seul
Comme s'balader l'dimanche
Et puis boire du tilleul
Parce que là j'en peux plus
J'connais tous tes secrets
Et tes histoires de cul
Qui s'terminent en civet
Quand on parle d'autres filles
Et qu'on partage ton pieu
Ben y'a pas qu'dans mon bide
Qu'y'a comme une sorte de noeud
Et te trouver si belle
Quand tu m'embrasses la joue
L'amitié c'est cruel
Et c'est pas fait pour nous
Enfin ça crève les yeux
J'suis fait pour être ton homme
On s'rait bien tous les deux
Si t'étais pas si conne !

08 mai 2008

Amertume

En petite soeur gâtée je boude, je mastique mes reproches.

Je me rends compte que finalement, à part sa présence, mon frère ne m'offre rien quand il est là : ni affection, ni compassion, ni même amitié. De l'amabilité fraternelle, tout au plus. Je suis une étrangère, il ne me connait pas, et je ne le connais pas davantage.

Il vit sa vie, il roule, et si je veux monter, je n'ai qu'à sauter en cours de route, il ne m'attendra pas.

Il n'est jamais venu pendant ma maladie, soi-disant pour ne pas me voir souffrir.

C'est facile de se protéger des autres.

Toutes les notes