21 août 2008

Ras les paquerettes

Quand je regarde avec un minimum de lucidité ma vie telle qu'elle a été et telle qu'elle est maintenant, je me dis que finalement, rien n'arrive par hasard... Je suis seule et je m'en étonne. Pourtant c'est tellement bête ! Je rêve de parfaites situations de film... parce que j'ai toujours cru que les choses se passaient comme dans les films...

Mais non, mesdames et messieurs, mademoiselle a compris (enfin !) que le prince charmant n'existait pas ! Qu'il ne viendrait par conséquent pas l'aborder au hasard dans la rue, ou dans un bar (puisque de toute façon mademoiselle va rarement dans les bars), qu'ils n'auraient pas de coup de foudre, que l'homme qu'elle aime en secret n'est pas en secret amoureux d'elle, qu'il ne viendra pas non plus sonner chez elle pour lui dire une banalité puis finalement restera diner et passera la nuit (de toute façon il ne sait pas où elle habite, et elle est en colocation...), qu'elle non plus n'osera jamais sonner chez lui en pleurs et qu'il ne la consolera pas d'un baiser. Que ce beau musicien avec qui elle a plaisanté n'écrira pas une chanson sur elle qu'elle entendra à la radio (parce que de toute façon il n'était pas connu, et qu'il ne se souvient même plus d'elle), que pendant le concert, ce n'était pas elle non plus qu'il regardait, mais la lumière du panneau « sortie de secours » juste derrière elle. Qu'elle n'arrivera pas à séduire quelqu'un par ses remarques humoristiques et ses jeux de mots pourris, tout simplement parce qu'elle n'est pas Bridget Jones, et qu'en plus ce n'est pas si drole que ça ce qu'elle dit, et qu'elle n'arrive jamais à trouver une bonne répartie quand il le faudrait. Et que même si elle est une grande fille maintenant, elle ne noie pas son chagrin dans l'alcool, n'allume pas non plus de cigarette quand ça va mal parce qu'elle n'a plus qu'un seul poumon fonctionnel... Et même si parfois mademoiselle chante le blues à tue-tête dans sa voiture ou dans sa cuisine, personne ne la surprendra jamais parce qu'elle en a trop honte, et que personne ne trouverait ça "mignon". Et que mademoiselle, elle est encore en pyjama, et qu'elle aime faire de la broderie alors que c'est naze. Et que son prince charmant à elle il est en sevrage alcoolique, il a dix ans de plus et quand ils ont une conversation complètement surnaturelle où chacun rebondi sur ce que dit l'autre et se rend compte qu'ils connaissent et aiment les mêmes choses, et bien lui ne trouve même pas ça incroyable... alors que tout le monde dit « c'est dingue, vous avez énormément de points communs ! » n'est-ce pas ? Mais à quoi ça sert ? Et cette lettre elle ne la lui a pas écrite parce qu'il n'aurait pas sauté dans sa voiture pour venir la prendre dans ses bras en la lisant, parce qu'on n'est pas dans un film, et qu'elle ne lui aurait pas écrit de choses assez profondes. Et qu'il se serait plutôt dit « bin merde » et que ça, ça sonne pas très bien dans la mélodie du bonheur...

12 août 2008

Ecrits durs

Ecrire. Epancher mon trop plein émotionnel. Mais écrire dans le vide c'est bien joli, mais ça ne soulage qu'un court instant. Parfois on a besoin de dire aux gens ce qu'on a sur le coeur les concernant. Pour avancer. Pour arrêter de broyer du noir, seule dans ma chambre. Pour partager, pour parler. Ecrire à quelqu'un en particulier ou écrire à tous ceux qui veullent bien lire. Ecrire à mon frère ou évacuer mon ressenti, mes rancoeurs et mes attentes. Pour qu'il puisse se racheter. Si je ne lui écris pas tout ça, il n'a pas la possibilité de se racheter, il restera emmuré dans les non-dits construits autour, comme un barrage. Ecrire à mon indécis les choses qui me pèsent sur le coeur aussi, le remercier d'avoir été là, même s'il ne le sera plus comme je le voudrais, laisser ça dans sa boite aux lettres et qu'il le lise au retour de son voyage que j'aurais aimé faire avec lui. Ecrire ces mauvais souvenirs qui refont surface lorsque je ne les attends pas, petit à petit en avoir suffisamment pour faire quelque chose, les articuler entre eux. Pourquoi pas, y ajouter une touche romanesque ? Une invention ? On verra. Ecrire ce livre pour enfant qui me trotte dans la tête.

 

Refermer cet agenda de cette année à bannir, ce vide-tête, ce pense-bête, ce souffre-douleur. Passer à un autre agenda, plus petit, juste de quoi noter les rendez-vous, les horaires des cours. Ne plus écrire ces petites choses insignifiantes de la journée. Ces phrases restées en tête, ces rencontres fortuites. Vivre ma vie, et ne plus seulement l'écrire.