29 septembre 2008

Coeur de cible

Alors ça y est, c'est le grand jour !

je reprends mon envol étudiant et je recommence une vraie vie.
Les choses prennent forme peu à peu au niveau de la ligne d'horizon... je ne dis pas que je vois loin, mais je distingue des choses, ce n'est déjà pas si mal !

Après un mois de septembre riche en émotions et en rebondissements, j'ai pu voir mon petit loup entrer à la crèche sous l'oeil attentif de sa tata "quelle ressemblance !" et son petit bras paralysé s'agiter avec vigueur, les gens se déchirer à l'endroit même où il ne devrait y avoir que de l'amour et de l'affection, les gens que j'aime réunis en un même lieu pour fêter mon anniversaire et la fin de l'année sombre, pleins de belles surprises, une "petite fugue" avec mon grand loulou, un Jean que j'aime qui n'est pas venu fêter mon anniversaire pour une raison étrange, et le message d'excuse qui voulait dire "ciao et bon vent, on ne se reverra pas de si tôt"...

Aussi étrange que ça puisse paraître, ça a été comme un bris de verre, ça surprend, ça fait peur, c'est un peu dangereux mais on n'a plus qu'à jeter à la poubelle pour en prendre un autre. J'aurais aimé qu'il m'appelle pour entendre sa voix, plutôt que ce message touchant mais vide de sens et avec pourtant tellement sous-entendus et d'interprétations... Je ne sais plus rien de lui, et il ne sais probablement rien de moi. Je suis sans doute à ses yeux bien trop ingénue et distante pour qu'il m'accorde de l'importance. Alors je vais laisser courir...

S'il veut me voir, je serais la plus heureuse du monde, mais je ne ferais plus de pas vers lui. C'est décidé. Je dois passer à autre chose...

Moi je reprends un départ, je repars à zéro et je me retrouve dans la jungle sociale de l'école. Au contact de gens tellement différents les uns des autres. Envie de leur parler car je sais qu'on pourrait s'entendre, et puis pas assez de choses à dire. Et ceux qui me font dire "mais où suis-je tombée ? je n'ai rien à voir avec ces gens..." Apprendre à choisir, à me trouver au bon moment, au bon endroit et avec les bonnes personnes, celles qui m'apporteront autant de petites choses que j'en ai besoin. Trouver des points communs.

Aller me coucher calmement pour affronter un nouveau réveil tôtô le matin, pour ne pas être trop cernée demain matin pour papoter avec mes nouveaux camarades...

Il parait que les gens fonctionnent comme ça. Je demande à voir...

20 septembre 2008

Il n'y a pas de petit profit

Chaque fois que ma vie commence à reprendre le dessus, il y a toujours un petit microbe qui traine, juste là où je suis, et qui me choisi, moi, comme cible privilégiée !

S5003348.JPGAlors, évidemment, je ne suis pas la seule à être clouée au lit avec 39 de fièvre avec une bronchite doublée d'un gros rhume, mais disons que je cumule un peu... Il y a une semaine c'était une gastro-entérite, il y a 3 semaines c'était un rhume, il y a 1 mois c'était une trachéite...

Alors je dors, je lis, je mange... je reste au chaud !

j'ai passé le week end dernier avec mes deux terribles neveux avec qui ça s'est très bien passé, même lors de la fête de l'huma où ils ont dansé au son des Babyshambles ! On s'est retrouvés tous les 3 alors que ma maladie avait mis une certaine distance "de sécurité" entre nous sous contexte de fragilité immunitaire... Mais eux n'ont pas très bien compris je crois, malgré nos explications. Pour eux "cancer" n'a pas plus de poids que "angine" ou "varicelle". Au point qu'à l'école ils ne veuillent plus approcher les enfants malades sans masque non par peur d'être contaminés mais "il faut pas qu'on leur donne nos microbes parce que ça pourrait les rendre encore plus malades."  Alors maintenant que c'est moins grave pour moi, j'en profite, je les caline, je les chouchoute, je les embrasse et eux n'ont plus d'hésitations : ils viennent se lover sur mes genoux, me faire des bisous, des calins... et "m'aiment beaucoup" même quand je les gronde !! (parce que quand même des fois c'est nécessaire !)

Sans compter la maladie, un autre événement nous avait un peu séparé, c'était la naissance de leur petit cousin... l'attention était davantage tourné sur lui que sur eux, d'autant plus que le petit loulou a eu des soucis, donc ses progrès a lui sont "attendus" et "fantastiques" alors que ceux des 2 autres sont "normaux"...

Alors cette fois, c'était bien, et ils étaient enchantés que je vienne uniquement pour eux, pour les garder, pour passer du temps avec eux. Et leur fierté quand je suis allée les chercher à l'école, c'était chouette ! Et ça valait bien une bronchite !

06 septembre 2008

Bagage à main

Un vide d'un an...

Sur mon CV comme dans ma tête. Et je le trainerai toute ma vie. Même si le lymphome restera un gros baluchon de mauvais souvenirs il sera toujours coincé quelque part entre mes seins, et j'aurais toujours à le porter. Ancré dans ma peau et insinué dans mon caractère. Ce long filet rouge au début, argenté maintenant qui dépasse du col de mes t-shirts, qui attire l'oeil inconnu.

Quand je relis ce que j'écrivais ici il y a pile un an, je me dis que finalement c'était un vide particulier. Un vide plein de doute, plein d'attente qui n'en finissaient pas, un vide plein de larmes et de surprises, bonnes ou mauvaises, plein de réflexions. Je crois que maintenant je sais qui je suis et ce que je veux, du moins à peu près. Même si le doute persiste sur mon avenir professionnel...

Peut-être que ce vide était bénéfique sur ce point. Peut-être que j'ai endurci mon caractère suffisamment pour supporter une vie plus intense qu'elle ne l'a jamais été... que j'ai muri suffisamment pour devenir une bonne soignante... ou peut-être pas !


Alors je repars à zéro une nouvelle fois. Je revis ce que j'ai déjà vécu l'année dernière dans des conditions difficiles, avec cette sensation de « déjà vu » qui n'a abouti à rien la première fois et dont "l'après" est dans le flou le plus total...

Je reprends les cours dans 3 petites semaines, et j'ai une appréhension bizarre dans le ventre...

Serais-je à la hauteur ? Suis-je assez en forme pour reprendre ? Et si je refais des épisodes de malaises comme hier dans la salle d'attente après le scanner ? Comment vais-je arriver à cacher cette année de tourments ? Devrais-je m'expliquer sans cesse sur mon passé, sur le pourquoi de mes horaires et lieux de stage aménagés ? Comment vont réagir les autres ?


Et me revient en tête cette femme dont la petite fille était entre la vie et la mort, terrorisée, me touchant le bras en me disant « vous pouvez comprendre, j'ai vu votre cicatrice et je crois que vous avez vous aussi vécu des moments difficiles... »

Est-ce un bien ou un mal ?

 

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