14 juin 2008

Etre ouverte (ou bleue)

Je ne sais pas si c'est moi qui deviens aigrie ("le ciel est gris, les gens aigris...") mais j'ai de plus en plus de mal à supporter les gens... disons, pour réduire, les gens qui ne sont pas comme moi !

à un festival hier, en vue de voir LA RUE KETANOU en concert exceptionnel dans la banlieue lyonnaise avec d'autres petits groupes sympas... jusqu'ici pas de hic... à part que les gens étaient chiants ! pénibles, encombrants, sans-gêne, irrespectueux, inciviques, bourrés...

Comme une forte impression que les gens ne sont là QUE pour picoler et fumer du shit (mes vêtements en ont gardé l'odeur à vie je pense, et mes bras, eux, de jolis hématomes...)

 

Suis-je tellement différente de ces gens de mon âge ?

Pourquoi ne sont-ils pas là eux aussi pour écouter de la musique sympa, et notamment un groupe-phare (et rare) de la scène française ?

Quel intérêt à aller à des concerts pour être dos à la scène, pousser tout le monde, se poser devant quelqu'un de plus petit que soi, jongler (oui oui j'ai vu ça ! en plein concert !!), discuter avec ses copains... ? Pourquoi ne pas se contenter d'écouter attentivement, danser si le coeur s'en dit, discuter un peu avec ses "potes" mais discrètement, tout simplement respecter les gens qui étalent leur talent et s'en remettent à nous ?

Suis-je vraiment si vieille-peau que ça pour avoir envie de gifler les gens ? (j'ai même sorti mes coudes à un moment !!)

 

La panique s'est même emparée de moi à un instant t, vite ! sortir prendre l'air !! ou en tuer un ou deux !! au choix... et du coup je n'ai pas pleinement profité de cette soirée musicale. "L'enfer, c'est les autres !"

 

M'enfin La Rue Kétanou c'était quand même génial (même si je ne les ai pas franchement vus ! trop petite...), Imbert Imbert aussi, contente de le revoir, mais les autres... j'aimais beaucoup les Becs bien zen, mais cause mon moment de panique, je n'en ai pas beaucoup de (bons) souvenirs à part peut-être "Un Sentiment" alors qu'on était presque partie de la foule ! on y est vite retourné ! Mais le reste... le reste... (Thierry Blanchard, Kwak, Tournée Générale) (Karlit et Kabok ça compte pas, parce que je savais que c'était pas mon style) et bien c'était bof... déjà parce que le son était pas terrible, donc en ne connaissant pas les chansons, on ne pouvait pas les connaitre ! et puis parce qu'à côté de ce que j'avais vécu à mon festival en tant que bénévole, c'était tellement fade !!!

Par rapport à eux : Courir les Rues, les autres paraissaient super nul !! Je conseille vivement à quiconque ne connaitrait pas de se rendre illico à un de leur concert (la mise en scène est excellente !), ou au moins sur leur site internet, et d'apprécier à leur juste valeur les mots et les notes... bref J'ADORE !! (et en plus ils ont été hyper sympas, très droles et tout et tout....) 

Je me passe leur cd en boucle et je ne m'en lasse pas, et je suis encore surprise de plein de choses ! 

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Et Lavach' c'était très bien aussi (mais je ne sais pas s'ils étaient sympas ou non !) notamment toutes les chansons arméniennes...

 

Donc le festival s'est très bien passé !

Et j'en viens à me dire que peut-être, je n'arrive plus à apprécier les festivals où je ne suis pas complètement impliquée (comme bénévole par exemple...) et que ce n'est pas une question d'asociabilité ou de non-ouverture... enfin je dis ça pour me rassurer quoi...

16 mai 2008

Sous mes cheveux - suite

Je ne sais pas s'il se doute de tout ce qui se trame dans ma tête.

Je me dis que ça ne doit pas être très difficile à voir...

 

Au concert, il n'était pas dans son assiette. Il ne m'a pas regardée, il m'a simplement demandé comment j'allais en me touchant l'épaule, ce sont les seules phrases que nous avons prononcées l'un envers l'autre. Il ne m'a pas dit pour mes cheveux que je garde à présent visibles, no comment. Il était mal à l'aise. J'en ai su la cause le lendemain via mon frère.

 

"Il a arrêté de boire. C'était devenu trop problématique. Mais c'est très dur."

Je savais qu'il buvait énormément (d'alcool j'entends !) le week end, pour oublier... la solitude, la lassitude, l'ennuie... Mais je ne pensais pas que c'était aussi grave. Il a pu mettre un nom sur sa dépendance, il est alcoolique.

 

Il ne sait pas à quel point nous avons des choses en commun... il ne sait pas à quel point j'ai besoin, moi aussi, d'oublier la solitude, la lassitude et l'ennui. Il ne sait pas que je suis là et que j'attends.

Et pourtant ce serait si simple.

 

Je ne sais pas non plus pourquoi je n'arrive pas à en parler à ma psy. Pourquoi je n'arrive pas à l'intégrer dans nos conversations. J'ai une certaine appréhension par rapport au fait que notre relation est liée à ma maladie alors que ce qui me rend triste et mélancolique en ce moment est lié à lui...

J'ai peur qu'elle trouve ça hors de propos. 

 

Quand à sa situation actuelle à lui, j'aimerais l'aider, j'aimerais participer à sa "guérison", j'aimerais être là, à ses côtés, pour quand il ne va pas bien. Comme lui a été là pour moi, certains jours où il m'a rendu le sourire par ses visites impromptues.

Alors hier j'ai pris mon courage à deux mains, je l'ai appelé, et il est venu manger à la maison.

 

Nous avons rit, nous nous sommes sourit, beaucoup. Je l'ai observé, lui aussi je crois. J'aimais son "petit pull marine", ses manches relevées sur ses avants-bras, ses jambes croisées, ses mains exubérantes, ses doigts longs et fins où subsiste une petite trace de peinture, sa cicatrice sur la joue, ses cils immenses...

 

J'aimerais lui faire comprendre qui je suis vraiment, lui montrer que je ne suis plus cette petite fille à couettes qu'il a connu. Lui faire connaitre mon vrai moi.

08 mai 2008

Amertume

En petite soeur gâtée je boude, je mastique mes reproches.

Je me rends compte que finalement, à part sa présence, mon frère ne m'offre rien quand il est là : ni affection, ni compassion, ni même amitié. De l'amabilité fraternelle, tout au plus. Je suis une étrangère, il ne me connait pas, et je ne le connais pas davantage.

Il vit sa vie, il roule, et si je veux monter, je n'ai qu'à sauter en cours de route, il ne m'attendra pas.

Il n'est jamais venu pendant ma maladie, soi-disant pour ne pas me voir souffrir.

C'est facile de se protéger des autres.

19 avril 2008

Mon style "loving you"

589213922.jpgLes semaines à venir vont être chargées et j'aime ça !!

enfin je vais être OCCUPEE ! c'est pas formidable ça ?

Des rendez-vous médicaux, oui ok, bof, des visites de mes neveux, de mes frangins, des concerts, notamment Bashung que j'attends avec impatience et les Blérots de RAVEL pour le festival Paroles et Musiques, des pièces de théêtre (il faut juste que je m'occupe de prendre les places temps qu'il y en a encore !)...

 

Je vais peut-être binetôt revoir mon "goujat" qui me faisait miroiter des tas de choses pour finalement me laisser lachement seule avec mes films dans ma tête... sait-on jamais... Peut-être qu'il a compris qu'il m'avait fait espérer sans pouvoir concrétiser, et que donc il préfère m'éviter. Mais je continue d'espérer des miettes d'attention. Disons un peu plus d'attention que ce jour pluvieux où on s'est croisé, tous les deux à côté de nos "papas", chacun dans une voiture, un signe de la main, vaguement un appel de phare et on est partis dans des directions opposées... Oui ça fait un peu amoureux à la sortie de la maternelle, je suis d'accord !

 

(J'ai même réussi à trainer des amis dans son bar-QG, forçant un peu le hasard d'une rencontre impromptue... et bien il n'y était même pas, le traitre !)

 

Des fois je me dis, qu'est-ce que je serais bien si je n'étais pas toujours toute seule dans mon lit... (enfin sauf ces jours où j'ai le nez aussi bouché que le boulevard périphérique parisien un vendredi soir, oui, je suis hélas enrhumée, mais heureusement que bozo le clown est célibataire !)

Mais là encore, il n'est pas question de survie, alors c'est une autre histoire.

25 mars 2008

à ma cousine

Voilà ce que je massère depuis plusieurs semaines et que j'aurais pu lui cracher à la figure ce soir...

 

"Je suis malade depuis 6 mois et tu as dû me demander 3 fois, en tout et pour tout, comment j'allais, au détour d'une conversation sur msn. Même tes petits frères ont plus pris de mes nouvelles ! Mais quand même, je te réponds ce soir. Je vais mieux, mais j'ai été très malade, j'ai souffert, j'ai pleuré, j'ai failli y rester, j'aurais pu y rester. à croire que finalement j'ai eu de la chance. Pourtant j'étais mal partie. J'ai eu une opération à coeur ouvert qui a duré 6 longues heures. En soins intensifs, je vomissais en dormant à cause de la morphine. Tu peux imaginer ce que c'est d'avoir envie d'aller aux toilettes et de devoir attendre une aide-soignante ou une infirmière parce que tu ne peux même pas t'asseoir toute seule dans ton lit ? de ne pas pouvoir se laver seule ? c'est humiliant. Heureusement il y a des gens qui comprennent que c'est dur. Le personnel soignant en général, et les proches (et parfois moins proches !) qui obstruent ton téléphone de petits sms de compassion, d'encouragement, de gentilles lettres, de petites cartes. Et c'est ça qui te fait tenir, et qui te pousse à en faire tous les jours un peu davantage, et finalement un beau matin, tu peux te lever, et quelques jours après tu peux rentrer chez toi... Et ces gens-là tu les as dans ton coeur pour toute ta vie.

"Et puis il y a les autres... ceux que tu aurais aimé entendre au téléphone, ceux que tu croyais proches et c'est dans ces cas-là que tu te rends compte que non, tu t'étais trompé. Et tu peux te permettre de leur dire ces choses, parce que tu as changé, que tu n'as plus envie de te forcer à quoi que ce soit, et que tu n'as plus rien à perdre, puisque leur soutien tu l'as déjà perdu depuis longtemps sans même t'en être rendu compte ! Moi j'ai décidé que ces gens-là, mes proches qui ne m'ont pas soutenu, j'avais le droit de leur dire MERDE une bonne fois pour toute. Ils n'ont plus d'importance pour moi. Enfin il n'y en a pas beaucoup et j'en suis heureuse. Mais on est parfois surpris de voir qui ils sont. Ce n'est pas les moins proches qui s'inquiètent le moins. Et la maladie révèle parfois des personnalités inattendues... souvent de bonnes surprises. Parfois de très mauvaises...

"Un sms de temps en temps ça ne coute rien et ça fait plaisir (et mon numéro je te l'ai donné au moins 3 fois...) Une gentille carte qui dit simplement "je pense à toi, bon courage" c'est encore mieux. C'est ce que j'aurais fait moi si les rôles étaient inversés. J'aurais peut être même fait plus. Je t'aurais peut être appelé à l'hopital. Je t'aurais peut être envoyé un petit cadeau ou des fleurs chez toi...

"Mais chacun fait comme il veut. Je ne pense pas que tu te fiches complètement de ce qui m'arrive. Mais je crois que tant que ça ne te touche pas de près, ça ne t'intéresse pas plus que ça. Tu n'y trouves pas d'importance peut être. Peut être même que tu t'es dit "je suis contente que ça ne me sois pas arrivé à moi !" ou "moi je n'aurais pas supporté". En tout cas si ça t'arrive un jour, ce que je ne te souhaite bien évidemment pas (mais je suis bien placée pour savoir que la santé c'est une grosse loterie !), j'espère que tu as des amis aussi formidables que les miens. Et les amis c'est très important, parce qu'on a parfois de douces illusions en ce qui concerne la famille...

"Bien à toi...

"Ta cousine chez qui tu as passé de nombreuses vacances..."

 

Mais je n'en ai pas eu le cran. L'avocat du diable m'a convaincue... Elle est maladroite, elle ne sait pas dire les choses, à 22 ans, on ne comprend pas forcément, elle n'a pas eu une vie facile, tu sais ses parents ont divorcé récemment, elle ne sait pas ce que c'est, elle n'y a pas pensé...

Bref. Je ne ferais plus d'efforts...

Et ce soir, quand elle m'a parlé, sans me demander comment j'allais depuis notre dernière conversation il y a environ 2 mois, de son projet de gateau en bonbons, je n'ai rien dit de tout ce que j'avais sur le coeur. J'ai vaguement répondu, froidement.

 

19 mars 2008

S.T.O.P

Ras le pompom des mauvaises nouvelles ! STOP !

Autour de moi les annonces diagnostic critiquent se multiplient à vitesse-éclair.

Comme si j'avais été précurseur d'une série de maladies graves chez les gens que j'aime... ça fait peur !

J'ai peur.

De la suite...

2130441034.JPGComment peut-on expliquer tout ça ? notre environnement qui se détériore à ce point ? nos modes de vie pourtant raisonnables ne le sont encore pas suffisamment ? Les progrès technologiques et scientifiques nous font-ils courir à notre perte ? J'en viens à penser que nous sommes une génération maudite !

 

Faut-il se blinder déjà tout petits à perdre au cours de sa vie ses amis, ses frères, ses enfants ?

 

Je vais retourner voir la psychologue de l'hopital.

J'en ai besoin je crois.

13 mars 2008

Présent

J'ai toujours accepté les cadeaux que l'on m'a offerts. Je m'en voulais parfois de prendre ce qu'on me donnait, mais j'ai du mal à résister à quelque chose qui m'attire ! Je n'arrive pas à refuser ce qui me fait plaisir... Je me suis finalement rendue compte que lorsqu'on propose d'offrir quelque chose à quelqu'un qui le refuse, c'est assez vexant... j'appécie les gens qui disent ce dont ils ont envie, ceux qui acceptent qu'on paie pour eux un café, ceux qui choisissent de bon coeur la couleur de t-shirt qu'ils avaient vus dans la vitrine « il te plait ? Et bien, entre, je te l'offre ! » alors je ne suis plus gênée, devant les offres qu'on me fait, de ne pas tergiverser pendant des heures « oh non, tu crois ? T'es sûre ? Bin oui moi ça me plait... mais tu n'as pas à me l'offrir... mais en quel honneur ? » les cadeaux font autant plaisir à celui qui les offre qu'à celui qui les reçoit, parfois même plus. Alors je n'ai plus peur de m'enthousiasmer, de remercier cent fois, de sourire, d'embrasser une, deux, trois fois ! Cette vieille dame, je sais que ça lui fait plaisir de m'offrir ce livre, mais elle ne sait pas lequel, elle m'a demandé de lui envoyer les références d'un ouvrage qui me plairait... j'ai hésité un instant, et puis finalement je vais le faire, mais je vais bien le choisir mon livre !

 

Et devant un tel cadeau, présenté sur un plateau d'argent : la guérison. Comment réagir ? Faire la mijorée, me cacher derrière ma maladie en disant non merci, le statut de malade c'est pas si mal, avouer que j'ai peur de revenir à une vie normale ? Ou plutôt à cette transition entre maladie et normalité : le corps est guéri mais d'apparence décharné, les yeux sont cernés et le crane encore luisant. Ai-je le droit d'accepter alors que lui est entre le vie et la mort ?

 

Ai-je le droit d'accepter de vivre, moi qui reviens de si loin, si lui n'y parvient pas ?

 

J'ai accepté ce cadeau avec un sourire immense : la fin du traitement et de tout ce qui va autour. Mais est-ce normal de se sentir coupable de lui l'avoir pris des mains si goulûment, et de ne rien pouvoir lui offrir à lui que des pensées colorées ?

04 janvier 2008

Cracher nos souhaits

Je sens que le mois de janvier va être très dur... et je ne suis même pas encore en secteur protégé ! je suis tranquilou chez moi, je me fais bichonner question nourriture, je fais ce que je veux, aucune contrainte...

Et pourtant je pleure tous les soirs en m'endormant.

Je m'énerve moi-même.

Je m'accroche à chaque petite chose (et il y en a peu) que je peux plannifier, et quand ça ne se passe pas comme prévu, je le prends très mal... (oui je vire dépressive un peu pour courroner le tout !)

Alors je leur en veux d'avoir accepté, puis d'annuler maintenant, parce que moi je n'ai que ça à quoi me raccrocher, je n'ai qu'elles pour me soutenir, pour me pousser vers le haut. Je suis égoïste, mais je leur en veux.

Elles, elles ont une vie, elles ont peut être du mal à me caser dedans, parce qu'elles sont bien remplies, mais moi je n'ai qu'elles pour combler le simulacre que j'ai moi... je les attends leurs visites, je les prépare, parce qu'elles me font rire, parce qu'elles me parlent d'autre chose, parce que j'ai besoin qu'elles viennent à moi puisque je ne peux pas sortir de chez moi.

Et je lui en veux à elle d'avoir ses révisions et ses partiels juste au moment ou moi j'aurais besoin qu'elle soit le plus présente.

Moi qui passe mes journées devant mon ordinateur à attendre que quelqu'un se connecte, à quémander un mail ou un nouveau post sur mes blogs préférés... Quelle vie !

Alors je leur en veux, et j'en ai marre, et je m'en veux de leur en vouloir !

Je lui en veux aussi de m'avoir proposé son soutien, son écoute pour "cracher des mots" et d'être maintenant trop occupé pour me soutenir et m'écouter, alors mes mots, je les crache ici. Je lui en veux de ne pas avoir vu que je m'attachais beaucoup à lui, et de ne pas s'être rendu compte que peut être que c'était moi la femme de sa vie !! (oui c'est un peu présomptueux, mais j'ai dit "peut-être")

Et je lui en veux, à mon père, ce héro, d'être sur les nerfs, de ne pas comprendre, d'être susceptible et de prendre mal tout ce qu'on lui dit, parce que moi je n'ai pas besoin de ça en ce moment !

 

Moi j'ai besoin de soutien, et tout le monde me lâche au jour d'aujourd'hui, ce n'est pas voulu mais c'est un fait, c'est la période qui n'est pas bonne peut-être, je ne sais pas, mais moi je sens bien que le 14 je vais leur dire "non merci, ce sera sans moi, je m'arrête là, merci pour vos bons soins mais là ça me suffit !"

 


 

podcast

(mano solo - janvier)

01 janvier 2008

une étincelle dans la gorge

4302224fde80a1775a291489c9d79d8d.jpgSi une nouvelle année c'est une page tournée sur la précédente, j'aimerais moi aussi tourner la page, passer à autre chose, laisser derrière moi toutes les déceptions...

Mais il y a toujours cette fatigue chronique, ces tiraillements dans mes mollets quand je marche, ces cicatrices qui me démangent et qui me tirent la peau, cette barrière aseptisée entre moi et les gens que j'aime, cette phobie des microbes des maladies qui pourraient me mettre KO.

Il y a toujours cette chambre stérile dans 13 jours exactement.

Les larmes coulent à mesure que les jours passent.

 

Et il y a toutes ces choses qui me minent le moral et qui assombrissent mes pensées...

Ce petit bonhomme que je ne verrai pas avant ses 2 mois, les dissidences familiales quant aux parrain/marraine, les rancoeurs massérées pendant longtemps que cela fait resurgir, l'incapacité de choisir, de décider, de controler quoi que ce soit... le brouillard sur mon avenir professionnel, aurais-je vraiment envie de reprendre après tout ça ?

Ce copain à qui je m'étais énormément attachée, qui m'a prévalu de nombreux tricotages cérébraux, "peut-être que..." et puis finalement non, c'en est une autre qui a eu la fève... j'espère au moins qu'elle sait ce qu'elle a gagné...

 

Bref l'année commence bien et on m'avait dit qu'elle ne pourrait pas être pire que la précédente...

03 décembre 2007

Concession

On me dit d'avoir une vie normale et ILS font tout pour que je n'ai pas de vie du tout.

Je suis malléable à volonté...

ILS ne se rendent pas compte que chaque changement de mon traitement, c'est comme un chateau de carte qui s'effondre dans ma tête.

Du coup au lieu de me faire mon prélèvement de cellules, ILS m'avancent ma troisième chimio de presque une semaine.

Et j'ai bien peur qu'ILS ne fassent pareil pour ma chambre stérile, et que je me retrouve en secteur protéger pour passer un joyeux noël...

ILS car ils ont tout pouvoir. 

 

A-t-on le droit de râler pour quelque chose d'aussi "normal" quand sa vie et son traitement sont en jeu ?

A-t-on le droit de dire qu'on en a marre d'être à leur merci quand on sait que d'autres gens aimeraient recevoir les mêmes soins que moi pour être guéris et n'y ont pas accès ?

A-t-on le droit de dire qu'on veut quand même prendre le temps de vivre, si on nous le permet ?

 

"une concession, une jolie concession..."

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